• Locmaria... Lendemain de gros temps...

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    Le ciel gris me regarde

    Par la fenêtre ouverte

    Et ses teintes blafardes

    Semblent le rendre inerte. 

     

    Il jette sur les toits

    Un voile sans éclat 

    Que des oiseaux narquois

    Souillent de-ci de-là. 

     

    Sous sa voûte de soie

    Qui peine à se lever,

    La mer, que j'aperçois, 

    Paraît s'y abreuver. 

     

    La ligne d'horizon

    Se noie dans les risées,

    Immobiles prisons

    D'un suroît épuisé. 

     

    Les oiseaux, par centaines, 

    Couvent de noirs rochers,

    Leur tissant des mitaines

    Déjà effilochées. 

     

    Ça sent le goémon, 

    La plage en est jonchée,

    Poudré d'un fin limon

    Qu'un ruisseau vient gâcher.

     

    Quelques jeux délaissés 

    Offrent leur infortune,

    Seul, un couple pressé 

    Remonte ici la dune.

     

    Navrant les estivants,

    La nuit fut agitée 

    D'un traître coup de vent

    Venu troubler l'été... 

    ©                         


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  • Groix... Nuit sur la pointe des Chats...

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    La nuit laisse perler

    Son froid semis d’étoiles,

    La lune dévoilée

    Glisse envoûtante et pâle.

     

    Le vent, cet indiscret,

    Trouble les tamaris

    Ceints de leur blanc muret,

    Pour tout dernier abri.

     

    Un rempart, sur le sable,

    Et puis, s’enfuit la plage,

    Sous le scalp improbable

    D’algues mortes ou trop sages.

     

    De fins rochers affleurent 

    Traçant des ombres tristes

    Sur l'estran sans chaleur

    De grenat et de schiste. 

     

    La mer se fait entendre,

    Puissante,  presque invisible,

    Continuant à descendre,

    Sereine et impassible.

     

    Sa trouble symphonie 

    Aux entêtants arpèges

    Rend sa monotonie 

    Proche d’un sortilège.

     

    Et, à l'horizon,  passent 

    Des navires insouciants 

    Dont les fanaux s'effacent 

    Tels des astres fuyants. 

     

     

    Plus haut, où rien ne bouge,

    Le phare imperturbable

    Crache son faisceau rouge

    Sur les nues insondables…

     

    ©                         

     

     


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  • La nuit...

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    Pendant toutes ces heures

    Que compta ma breloque,

    J’affrontai, quel malheur !

    Ton triste soliloque.

     

    Tu laissas, ce soir-là,

    Ta cape constellée

    À ce grand échalas

    De jour un peu voilé.

     

    Lors, vêtue de ténèbres,

    Tu vins m’envelopper,

    En ta veillée funèbre

    Privée de mélopée.

     

    Tu couvris mon vieux corps,

    Il faisait froid, je crois,

    Mais je tremblais encore,

    Étendu, telle proie.

     

    Je ne pus t’estourbir,

    Impuissant et maudit,

    Il me fallut subir

    Ta longue monodie.

     

    Ce n’est que tôt matin,

    Ô sombre ignominie,

    Que partit ta catin,

    Ton aînée, l’insomnie…

     

     

    ©  


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  • Groix... Les Saisies...

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    Festonnant le village,

    Encore somnolente,

    Plus avant, git la plage

    Étendue, nonchalante.

     

    Un tantinet patauds,

    Un peu brinquebalants,

    Dans le port, des bateaux

    Roulent leurs larges flancs

     

    Signé sur l'onde vive

    Un fin trait d'encre sombre

    Croque là une rive

    Faite de roche et d'ombre.

     

    Elle s'enfuit modeste

    Vers l'horizon brouillé 

    Brumes venues de l'ouest,

    Par le vent, crachouillées.

     

    Une bande, une empreinte,

    Où les oiseaux papotent,

    Tel un mat, longue pointe,

    Venue gréer la côte.

     

    Magiques et indicibles,

    Sous des teintes sépia,

    Les saisies, impassibles,

    Veillent sur Locmaria...

     

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  • Groix... Laisse-moi donc le temps...

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    J'écoute  la rengaine

    De la houle distraite.

    Je ris de sa dégaine 

    On la croirait en fête. 

     

    Ses fines coiffes  blanches

    Semblent toujours danser,

    En un heureux dimanche,

    Toujours recommencé. 

     

    Le ciel, tendre et galant,

    Lui offre mille robes

    Qu'un noroît pétulant, 

    Espiègle lui dérobe. 

     

    Mouettes et goélands 

    Partagent sa goguette,

    Frôlant avec talent

    Ses fugitives crêtes. 

     

    Elle vient se jeter,

    Sur de sages rochers.

    Cette belle entêtée

    Viendrait bien me faucher.

     

    C'est trop tôt, ma jolie,

    Laisse-moi donc le temps,

    D'encor' quelques folies,

    D'encor' quelques printemps... 

     

    ©


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