• Il se peut qu'au matin...

     

    S’enfuient sur l’océan

    Les vraies rides du temps

    Seules, insidieusement,

    Maltraitées par le vent

     

    Se donneront au ciel

    Avare de reflets

    Le couchant, comme miel

    Leur fera pâle ourlet

     

     Elles s’étourdiront

    Aussi noires que suie

    Dans de furieux chaudrons

    Au sabbat de la nuit

     

    Existences éventées

    Il se peut qu’au matin

    Un suroît tourmenté

    Vous conte leur destin…

     

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  • Lors cassera le fil...

     

    Quand sur mon dos malingre

    Pèsent trop de tourments

    Le bonheur, ce vieux pingre,

    S’enfuit, sournoisement

     

    La mer cette maîtresse

    Que j’ai toujours chérie

    Me nargue sans tendresse

    Et me laisse marri

     

    Oracle des naufrages

    Sans répit le noroît

    Fouette un ciel fade et froid

    Que souillent des nuages

     

    Il me faudra pourtant

    Poursuivre le chemin

    Dans l’automne insistant

    Aux feuillages carmin

     

    Il se peut que l’hiver

    M’octroie ultime asile

    Dans ses douves sévères

    Lors, cassera le fil…

     

    ©


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  • S'évanouissent les brises...

     

    S’éventent les parfums

    Qui jadis me bercèrent

    Pour gagner les confins

    De rives insincères

     

    S’envolent tous mes mots

    Abreuvés d’encre bleue

    Leurs crachins lacrymaux

    Et mes remords fielleux

     

    S’éparpillent mes rêves

    Illusions insondables

    Leurs extases trop brèves

    Leur futur improbable

     

    S’écartèlent mes vœux

    Qui divaguent et se meurent

    Leur cruel désaveu

    Endeuille mon humeur

     

    S’évanouissent les brises

    Qui me guidaient au port

    Confiant aux vagues grises

    Mon bien funeste sort…

     

    ©


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  • De neige noire vêtu...

     

    De neige noire vêtu

    Mon chemin se fourvoie

    Dans ces landes têtues

    Que les années m’envoient

     

    Toujours assourdissant

    Seul, le passé m’étreint

    L’horizon est absent

    Masqué par le chagrin

     

    Mon âme s’est offerte

    Aux tourments qui m’obsèdent

    Simple porte entrouverte

    Sur des heures bien laides

     

    Lors, encore et encore

    Des vents aigres m’emportent

    Aux friches des remords

    Jonchées de feuilles mortes…

    ©

     


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  • Le brâme d'une cloche...

     

     

    Ces champs qui s’ennuagent

    Aux rives de l’automne

    Barbouillent leurs sillons

    De sanglots chlorophylle

     

    Petits grumeaux de terre

    Anoblis par les larmes

    Que des feuilles souillées

    Ne savent effacer

     

    Tournoyez pauvres folles

    Le ciel lourd vous ignore

    Occupé à se foutre

    Des âmes qui s’enivrent

     

    La nuit humide et froide

    S’abreuvera encore

    D’un jour qui n’ose plus

    Dans ses effets de brume

     

    Le baiser d’une bruine

    Seul, emporte à la mer

    Le brâme d’une cloche

    Amoureuse du vent…

    ©


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