• La garce !

    La garce !

     

    Je l’ai laissée entrer, la garce !

    Un souffle, enfant d’une risée, parfumé aux brumes océanes,

    Zéphyr caresseur des feuilles de mon précoce automne.

    Ma porte était ouverte, j’attendais un rayon de soleil.

    Le chat sur le seuil, ne s’en est pas soucié.

    Le chien, à mes pieds, a juste ouvert un œil.

    Seule l’horloge, qui souvent l’a croisée,

    A ralenti son balancier…

     

    Dans l’âtre noirci de flambées oubliées,

    J’ai cru percevoir l’écho

    D’un chant de coq affolé…

     

    Fraîchement lavée de bruines,

    La campagne bruissait, toute affairée sans doute

    À d’ultimes récoltes.

     

    Je l’ai laissée entrer, la garce !

    Frémissement d’un rideau,

    Grincement d’un volet,

    Hululement d’un hibou aux portes de la nuit,

    Glissement de la vie qui s’en va,

    Crissement de vos pas sur le blanc kaolin,

    Et le râle angoissé d’un cercueil que l’on glisse près du ventre moisi de la terre.

    La chandelle vacille,

    Fluette sur un sanglot de cire,

    Mouchée, bientôt, la verrai-je s’éteindre ? …

    ©                         

     

     


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