• Le progrès...

    Le progrès...

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    Te souviens-tu enfant

    D'un petit chemin creux? 

    Il s'enfuyait du bourg

    Pour gagner la campagne.

     

    Discret, il se sauvait

    À l'angle d'une route,

    Pressé je crois d'y prendre

    La poudre d'escampette.

     

    Juste ombré de gros chênes,

    Ocre et vert il courait

    Entre deux vieux talus

    Ignorant : prés et champs.

     

    Toutes sortes d'oiseaux

    Lui contaient mille histoires

    Au point qu'un clair ruisseau

    En éclatait de rire. 

     

    T'en souviens-tu, dis-moi ?

    Je m'en rappelle encore

    Ourlé de fleurs sauvages

    Filer vers la forêt. 

     

    Aussi donc, ce matin,

    Dès le soleil levé,

    J'ai pris ma canne en bois

    Espérant le fouler.

     

    Point de chemin champêtre,

    Plus rien n’était en place

    Vrombissements acides

    Bruyamment m’accueillirent.

     

    Je l'ai cherché en vain

    Et n'ai trouvé ma foi !

    Que d'affreux pavillons

    Bordées d'une autoroute.... 

     

    Ph Dagorne ©


  • Commentaires

    1
    Samedi 18 Mai à 15:01

    Ainsi va le progrès qui grignote petit à petit les chemins creux ou les enfants allant à l'école entendaient chanter les oiseaux qui les accompagnaient jusque dans la cour de l'école et inspirait Prévert.

    Qui encage les ruisseaux et font de leurs lits des chemins arides.

    Merci à toi de nous en faire une belle poèsie.

    Amitié Philippe

      • Samedi 18 Mai à 16:01

        Merci Jacqueline, c'est vrai que Prévert est l'un de mes poètes favoris. Ce poème  a bien une dizaine d'années, il n'a pas perdu de son actualité, la seule différence peut-être, c'est que les Hommes, peu à peu prennent conscience de leurs bêtises environnementales au sortir de la guerre. Saura-t-on redessiner le bocage de nos campagnes? Reconstruire ces magnifiques talus de pierres qui limitaient l'érosion et l’appauvrissement de la terre? Je ne le pense pas... Nous reste la nostalgie.

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