• Gribouille...

     

    Mes yeux déjà se mouillent...
    Ombré de feuilles vertes,
    Tu meurs, ô mon Gribouille,
    Sous ma fenêtre ouverte.

    Même le ciel se brouille
    Et mouche ses élans.
    Tu dors, ô mon Gribouille,
    Immobile, indolent.

    Comme simple dépouille,
    Toi, mon bel âne gris,
    Tu gis, ô mon Gribouille,
    Sur ta pauvre prairie.

    Une ortie te chatouille,
    Un pigeon te salue,
    Il sait, ô mon Gribouille,
    Qu'il ne te verra plus.

    Lors soudain, tout s'embrouille
    En ce jour impudent
    Adieu, ô mon Gribouille*,
    Bienveillant confident...

    ©                         

     * Gribouille est mort le 6 septembre, la veille de mon anniversaire...


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  •  

    Oublié des étoiles,
    Je vois  le ciel s'éteindre
    Angoissant, boréal.
    Je ne sais le dépeindre.

    Comme une voûte nue
    Ourlée de rares brumes
    Aux  étoffes inconnues
    Que le grand phare allume.

    Le vent semble la fuir,
    Acide et insidieux,
    Il laisse juste bruire
    L’océan facétieux.

    Aux couleurs de mon âme,
    Désertée par la lune,
    Elle ôte toute flamme
    À la mer froide et brune.

    Lors, des gouttes de pluie,
    Viennent embrasser la dune
    Et scellent cette nuit
    Du sceau de l'infortune...

    ©                         

     


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  • Groix... Les tresses du matin...

     

    Les tresses du matin
    Exhalent des parfums
    Aux douceurs du satin
    D'ailes de séraphin.

    S'y amuse la mer,
    Sertie de vives braises,
    Mille éclats éphémères
    Qu'un fin brouillard apaise.

    Discrète joaillière
    Aux jupons apprêtés
    Si l'aube est printanière
    Nous sommes en été.

    Offert aux doux câlins
    D'un zéphyr tempéré
    Le ciel est opalin
    Un peu comme éthéré.

    Lors, telle une évidence,
    Sans la moindre censure,
    De tendres confidences,
    Mon île me susurre...

    ©                         

     


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  • C'est un vieux sac de toile...

    *

    * Grand merci à Awena Guiner pour son délicat accompagnement à la harpe celtique...

     

    C'est un vieux sac de toile
    Taché de clématites,
    J'y pioche les étoiles
    D'un loto insolite.

    Posées sur le velours
    D'angoissantes ténèbres
    Deviennent les atours
    D'un triste dais funèbre.

    Je les voudrais éclats
    De ces vies disparues,
    Reflets d'un au-delà
    Pour moi si incongru.

    Allongé sur la plage,
    Je les contemplerais
    Dans un ciel sans nuages
    Lavé par un vent frais.

    Puis, je m’endormirais.

    Le sac, devenu voile,

    Là-bas m’emporterais

    Au pays des étoiles…

    ©

     

     


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  • Au seuil de nulle part...

     

    Tout au bout de la route,
    La vie vient se tarir
    Et les vagues du doute
    Pourtant vont s’y nourrir.

    Lors le ciel et la mer
    S'embrument de chagrin
    Quand glissent éphémères
    Les rais d'un dernier grain.

    Crépuscule avorté
    Sans l'heur d'un lendemain,
    Des regrets émiettés,
    Seuls, jonchent le chemin.

    Et dans cette antichambre,
    L'image d'une barge,
    Le froid brûle les membres
    Et le souffle se charge.

    Voyage terminé
    À l'encre d'un faire-part
    Sous quelques fleurs fanées
    Au seuil de nulle part...

    ©                         

     


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