• Groix... Coup de vent...

     

    J'ai entendu le vent 

    Frapper à mes volets,

    De longs coups éprouvants,

    Qu'acerbe, il martelait. 

     

    Les oiseaux s'étaient tus,

    Veillant deux vieux bouleaux

    Couchés comme fétus

    Par le furieux soûlaud.

     

    La mer venu baver

    Sur la côte noircie

    Semblait là se gaver

    De goémon rassis.

     

    Le ciel pressait, inquiet,

    De gros nuages gris,

    Leurs pluies s'éparpillaient 

    Salées d'embruns surpris.

     

    La nuit, très en avance,

    S'habilla de vacarme,

    Lors, coula sans défense,

    Sur ma vitre une larme... 

     

                                                                  À mon ami Raymond.

     

    ©                         


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  • Groix... Aube d'hiver...

     

    L'aube aux joues toutes roses
    Défroisse ses pétales
    Et sur la mer dépose
    Comme une robe étale.

    Polissonne, la brise
    Agite ses dentelles
    Qui ourlent telle frise
    La plage aux tons pastel.

    Un peu embroussaillés,
    En habit, vert et roux,
    Encore ensommeillés,
    Les tamaris s'ébrouent.

    Aux lèvres du matin,
    Tout au bout de la nuit,
    Le phare s'est éteint
    Inutile, il s'ennuie.

    Un goéland lévite
    Et bruyamment s'épanche
    Discrètement s'invitent
    Au loin, trois voiles blanches...

    ©                         


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  • La magie de Noël...

     

    Il pleure des étoiles 

    Sur le ciel improbable, 

    Douce et obscure toile,

    Juste fouettée de sable. 

     

    Silencieux ostensoir,

    Quand mordent les frimas,

    Point de lune en ce soir

    Pour fanal de grand mât. 

     

    La mer est en dessous,

    Infiniment brouillonne,

    Un noroît presque saoul,

    Sans répit, l'aiguillonne. 

     

    Le cynique barnum

    Voit là, tout au milieu, 

    Des femmes et des hommes

    Sur un radeau mafieux.

     

    Ô diable l'angélisme!

    Cette nuit de Noël

    Ampoulée d’égoïsme

    Est bien loin d'être belle...

     

     

    Je sais, j’aurais pu vous décrire la subtile manière de glisser sous la peau d’une poularde de Bresse de fines tranches de truffe. J’aurais pu disserter avec vous de la bienséance ou non de se souhaiter : « Bon appétit ! » au début d’un réveillon. J’aurais pu vous conter la chrétienne légende d’un enfant blond aux yeux bleus qui voilà 2000 ans naquit dans une crèche à peine réchauffée du souffle partagé d’un âne gris et d’un vieux bœuf …

    Mais pendant ce temps-là, la moitié de la population mondiale vit avec moins de 1,50 € par jour. Un milliard de ces femmes, hommes et enfants n’a pas accès à l’eau salubre. 20% de cette population mondiale détient plus de 90% des richesses.

    Enfin, pour fuir, la guerre, la misère, la barbarie humaine et la plus absolue corruption des puissants, combien de migrants mourront en cette belle nuit de Noël ?

     

     

    ©                         


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  • La garce !

     

    Je l’ai laissée entrer, la garce !

    Un souffle, enfant d’une risée, parfumé aux brumes océanes,

    Zéphyr caresseur des feuilles de mon précoce automne.

    Ma porte était ouverte, j’attendais un rayon de soleil.

    Le chat sur le seuil, ne s’en est pas soucié.

    Le chien, à mes pieds, a juste ouvert un œil.

    Seule l’horloge, qui souvent l’a croisée,

    A ralenti son balancier…

     

    Dans l’âtre noirci de flambées oubliées,

    J’ai cru percevoir l’écho

    D’un chant de coq affolé…

     

    Fraîchement lavée de bruines,

    La campagne bruissait, toute affairée sans doute

    À d’ultimes récoltes.

     

    Je l’ai laissée entrer, la garce !

    Frémissement d’un rideau,

    Grincement d’un volet,

    Hululement d’un hibou aux portes de la nuit,

    Glissement de la vie qui s’en va,

    Crissement de vos pas sur le blanc kaolin,

    Et le râle angoissé d’un cercueil que l’on glisse près du ventre moisi de la terre.

    La chandelle vacille,

    Fluette sur un sanglot de cire,

    Mouchée, bientôt, la verrai-je s’éteindre ? …

    ©                         

     

     


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  • Locmaria... Vespéral...

     

    Lors, les ombres oblongues,
    Sur la plage s'étirent
    En auras un peu longues
    Que le soir voit pâlir.

    Sur l'estran moucheté,
    Calme, la mer ressasse
    Un refrain émietté
    Qu'une laisse harasse.

    Des nuages bredouilles
    Brossent un ciel sans éclat.
    Un goéland le brouille
    D'invisibles entrelacs.

    Virginale soierie
    Aux délicats apprêts,
    Loin, l'horizon fleurit
    De pétales discrets.

    Fins voiliers en partance
    Vers un froid crépuscule,
    Ce flamboiement intense
    Pour un jour qui bascule...

    ©                         

     

     


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