• Groix... J'entends hurler le vent...

     

    J’entends hurler le vent

    Et des arbres se tordre,

    Leur chahut éprouvant

    Dans un furieux désordre.

     

    Mélopée entêtante,

    Quand monte du rivage

    La clameur haletante

    De l’océan sauvage.

     

    La plage disparaît

    Sous l’assaut de la houle

    Qui ivre, sans arrêt,

    Crache encore et s’enroule.

     

    Quelques oiseaux pourtant

    Se hasardent à planer

    Faisant naître au portant

    Une danse ordonnée.

     

    Virtuoses ceux-là

    Qui jamais ne se lassent

    D’invisibles entrelacs

    Dont le sens nous dépasse…

     

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  • Groix... Comme un air de printemps...

     

    Dans le ciel, le soleil,

    Encore un peu timide,

    Tant fut long son sommeil,

    Tant l’hiver fut humide.

     

    Dessous, la mer s’ébroue,

    Peuplée de coiffes blanches,

    Au bas d’un vallon roux

    Où un ruisseau s’épanche.

     

    Le vent reste bien frais

    Mais les oiseaux s’en moquent,

    Tout en gardant secret

    Leur singulier colloque.

     

    Il se dit, ça et là,

    Que toque le printemps,

    Doucement, sans éclat,

    Parfois même inconstant.

     

    À l’ombre des charmilles,

    De feuilles fagotées,

    Primevères et jonquilles

    Me l’ont tôt chuchoté…

     

     

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  • Groix... C'est un petit chemin...

     

    C'est un petit chemin

    Qui vous mène à la plage

    Ruban de parchemin 

    Au déroulé bien sage. 

     

    Tout là-haut, sur l'arête, 

    Il vient toiser la mer

    Et, contournant la crête, 

    Il se charge de pierres. 

     

    Ourlé de mille fleurs,

    Il serpente léger 

    Dans la fausse chaleur

    D’un vallon protégé. 

     

    Il caracole clair,

    Au milieu des ajoncs

    Son trait épistolaire

    Maladroit et abscons.

     

    Mais sa quête improbable

    S’achève là, céans,

    Il se perd dans le sable

    Sans toucher l’océan…

     

     

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  • Un simple feu follet...

     

    Tel un château de sable

    Emporté par la mer,

    Existence improbable, 

    Prétention éphémère.

     

    Fugacité  d'une ombre,

    Toujours insaisissable,

    Que la seule pénombre 

    Rend d'un coup périssable.

     

    La caresse d'un souffle,

    À jamais invisible,

    Dont le trouble s'essouffle, 

    Sitôt inaccessible.

     

    Ou l'onde d'un remous

    Qui, silencieuse arrive,

    Son élan un peu mou

    Dévoré par la rive. 

     

    Ainsi donc va la vie,

    Son funèbre ballet, 

    Sans espoir de survie, 

    Un simple feu follet... 

     

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  • Il pleut...

     

    La pluie, d'hiver éprise, 

    Sur les vitres tapote,

    Déposée par la bise,

    Je la vois qui sanglote.

     

    Sous des nuages sombres,

    Hôtes d'un vent frisquet,

    Elle a chassé les ombres

    Couchées sur mon parquet.

     

    Le jour semble amaigri,

    Ses lumières fluettes,

    Tout est devenu gris,

    Jusqu'à mon âme inquiète.

     

    Sur le ciel barbouillé,

    Je vois se balancer

    Les branches dépouillées 

    D'arbres entrelacés. 

     

    Caressant le lambris 

    Les fins rideaux frissonnent,

    La pièce s'assombrit

    J'entends six coups qui sonnent... 

     

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