• Groix... La nuit est vnue me saluer...

     

    Poches chargées d'un doux parfum de bois humide
    La nuit est venue me saluer.


    " Me voici arrivée, je vais pouvoir me reposer. " Me dit-elle.
    Puis elle a ajouté : " Tout le jour, sur des chevaux d'écume,
    J'ai couru l'océan".

    Je lui ai dit : " Pourquoi si folle chevauchée?"
    Et elle m'a simplement répondu :

     

    " Pour recouvrir ton île, crépuscule passé, afin qu'elle ne prenne froid…" 

    C'est vrai que l'air avait fraîchi...


    Déjà, le phare des chats caressait le ciel, de son feu rutilant.

    À l’autre bout de l’île, le veilleur de Pen Men ne lui fut pas en reste…

     

    " Tu vois ? " A-t-elle enfin conclu : " Tous les phares du monde associent leurs éclats pour réchauffer encore et encore ma cape sertie d’étoiles. "

    Tout là-bas, tutoyant l'horizon, rassuré, un navire passa...

     

     

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  • Groix... La harpe du vieux Thor...

     

    La harpe du vieux Thor

    Découpe tristement

    Le couchant privé d’or

    D’un brumeux firmament

     

    Le courroux de ce dieu

    Semble figer le temps

    Qui fut pourtant radieux

    Bien après le printemps

     

    L’océan se languit

    Les vents ne viendront plus

    Crépuscule alangui

    Où Éole est reclus

     

    Il se dit en ce soir

    Que la nuit n’ose pas

    Prendre ses habits noirs

    En crainte d’un trépas…

     

     

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  • Groix... Pour ne sais quelle fête...

     

    Pour ne sais quelle fête

    Là haut, le soleil brille

    Grande boule à facettes

    De tous ses feux scintille

     

    Lors infini le sable

    Exhibe ses délices

    Les éclats immuables

    D’un mica si complice

     

    La mer n’est pas en reste

    Pour offrir à nos yeux

    Sous les tentures d’ouest

    Ses plus beaux camaïeux

     

    Voluptés édéniques

    Simplement exprimées

    Là, naît l'émoi unique

    Des plaisirs sublimés…

     

     

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  • Groix... Les aurores esseulées...

    Les aurores esseulées
    D'un été trop craintif
    S'offrent aux assauts salés
    De nues qui s'ébouriffent

    Les brumes éthérées
    Paressent sur l'estran
    Donnant aux toits lustrés
    Ce bleu si pénétrant

    Sous ce ciel dégradé
    Flotte sur Locmaria
    Profond suave et iodé
    Un parfum de ria

    Accouchées de la nuit
    Des pluies grasses et brutales
    N'osent pas puis s'enfuient
    L'océan à l’étal...

     

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    Le glas de mornes plages

    Décompte les chagrins

    Que quelques pieux nuages

    Éructent par gros grains

     

    Les lumières écornées

    Pissent sur ce tableau

    Leurs couleurs surannées

    Et leurs voiles falots

     

    Même les simples barques

    Semblent tourner le dos

    Au rubicond monarque

    Qui sombre dans les flots

     

    Et tout me semble flou

    Du chant des cascatelles

    Aux fragiles dentelles

    D’un sable qui s’en fout…

     

     

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