• Il est une fenêtre...

     

    Au champ des repentances, 

    Il est une fenêtre 

    Sur ma pauvre existence

    Qui s'entrouvre peut-être. 

     

    À ses pieds, une allée,

    Entourée d'herbes folles,

    Fine route dallée

    D'où les oiseaux s'envolent.

     

    Telle une ganse claire

    Sur sa fauve toison,

    Elle fuit mon repaire

    Et rejoint l'horizon.

     

    Elle y trouve la lune

    Qui hisse-là, sans bruit

    Toute son infortune 

    Jusqu'au bout de la nuit.

     

    Une ligne de vie

    Pour la dompter, qui sait?

    Sur l'humide lavis 

    De son sombre gousset...  

     

    ©                         


    4 commentaires
  • Au cœur de mon hiver...

     

    Au cœur de mon hiver,

    Quand la bise un peu ivre

    Dessine sur le verre

    Quelques roses de givre.

     

    Je rêve de matins

    Enluminés de neige,

    Leurs reflets de satin

    Plissés de lignes grège.

     

    Je goûte aux doux parfums,

    Crachés par ces flambées

    Qui se gavent sans fin

    De fiers arbres tombés.

     

    J’entends courir dans l’âtre

    Le fin crépitement

    De ces braises rougeâtres

    Bavardes, infiniment.

     

    Je lis sur mes carreaux

    Quand le ciel vire au parme,

    Tel un chagrin de trop,

    Le sel de mille larmes.

     

    Alors, c'est la tristesse

    Qui vient ombrer mon âme,

    Ô sombre prophétesse

    Venue moucher ma flamme…

     

    ©                         


    6 commentaires
  • Groix... Des mots d'hiver...

     

    De ses couleurs fanées,

    L’hiver brosse les murs

    Laissant juste flâner

    Ses bises sans murmure.

     

    Par le froid, alertée,

    La rivière  glacée

    Embrasse, déserté,

    Un océan froissé.

     

    La plage déprimée

    S’est vêtue d’algues mortes,

    Entrelacs clairsemés

    Aux senteurs un peu fortes.

     

    Les « Saisies » tel un dard

    Paraissent se gainer

    D’oiseaux blancs et braillards

    Prompts à se chicaner.

     

    Sans soleil au zénith,

    Les nues semblent livides,

    Cendrées, presque maudites,

    Désespérément vides…

     

    ©  


    3 commentaires
  • Sur son fil... Funambule...

     

    Sur son fil, funambule,
    J'ai vu glisser la lune,
    Elle allait, somnambule,
    Sous sa pelisse  brune.

    Métronome envoûtant,
    Occulte confidence.
    Un ressac entêtant
    Lui donnait la cadence.

    L'océan pour psyché,
    La belle se mirait.
    Entre de noirs rochers
    Et l'horizon discret.

    Telles dames d'atour,
    Le ciel semblait semé
    Sur son épais velours
    D'étoiles clairsemées.

    Lors, sans plus se hâter,
    La reine de la nuit
    En un zéphyr flûté
    Me confia son ennui...

    ©                         

     


    4 commentaires
  •  

    Fagoté dans ses pluies,

    Le vent, ce rancunier,

    Sur la côte s’essuie,

    Et s’acharne à grogner.

     

    Violentant les roseaux,

    Jamais il ne s’essouffle,

    Rares sont les oiseaux

    Venus braver son souffle.

     

    Dans son dévergondage

    Je l’entends là, qui meugle

    Et fouette les nuages

    D’un ciel aux yeux d’aveugles.

     

    La mer, pauvre cagote,

    Lui déploie ses dentelles,

    Mantilles de bigote,

    Cruelles cascatelles.

     

    Pourtant fort aguerrie,

    L’île toute blottie,

    Sous l’extrême furie

    Paraît comme abrutie…

    ©                         

     


    4 commentaires