• Groix... Là-bas, je te devine...

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    Sous son triste manteau,

    La rade barbouillée 

    Se moque de bateaux

    Qui veulent louvoyer. 

     

    En veilleuse fidèle,

    Sous le ciel brouillassé, 

    Raide la citadelle, 

    Les regarde passer. 

     

    Une ambiance ouatée 

    Par un vent qui s'essouffle,

    Des gouttes éclatées 

    Puis, plus le moindre souffle. 

     

    Des goélands s'enfuient

    Et, même le courrier

    Qui bruyant, me conduit,

    Semble s'y s'ennuyer.

     

    Là-bas, je te devine,

    Tranquille, ancrée au large,

    Enveloppée de bruine,

    Telle une grande barge. 

     

    Tu n'es qu'un sombre trait,

    Couché sur l'horizon,

    Un paraphe discret

    Posé en flottaison. 

     

    Mais, je sais tes mystères, 

    Ô mon île choyée !

    Tout petit bout de terre,

    À trois miles mouillé... 

     

    ©                         

     


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  • Groix... N'est-ce-là, que le vent?

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    N'est-ce là que le vent?

    J'entends frapper l'automne,

    Pizzicato savant,

    La pluie déjà résonne.

     

    Seuls signes funéraux 

    À l'été trépassé, 

    Glissent sur les carreaux, 

    Des larmes empressées. 

     

    Arrivées de la mer,

    Se suivent les risées, 

    Invitées éphémères 

    Aux effets ardoisés. 

     

    L'océan s'impatiente,

    Il ronchonne et se froisse,

    Ses vagues bredouillantes 

    Se brisent sans audace.

     

    Dans leurs robes de miel,

    Les feuilles tourbillonnent

    Et forment dans le ciel

    Une danse brouillonne. 

     

    Sur la plage déserte 

    File un petit ruisseau

    Un goémon inerte

    Lui offre un doux berceau. 

     

    Son forfait accompli,

    Septembre, lui, s'enfuit 

    Et les jours se replient

    Pour l'hiver et ses nuits... 

     

     

     

    ©  


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  • À nos frères migrants...

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    Ils se baignent, insensibles, 

    Dans cette onde turquoise

    Implacable linceul

    De nos frères en misère. 

     

    Ils souillent, impitoyables,

    Sur leurs yachts indécents, 

    De leur fric mal acquis

    En licencieuses orgies,

    Le cruel cimetière 

    De nos frères migrants.

     

    Ils érigent, arrogants,

    Sur les rives envahies

    D’une mer endeuillée,

    Leurs villas prétentieuses 

    Fruits de leurs corruptions

    En  frontière inviolable,

    Ils ne sont que bourreaux, 

    De nos frères d'Afrique. 

     

    Ces assoiffés d'argent,

    Affamés de pouvoir

    Et bouffis d'égoïsme, 

    Insultent chaque jour

    Nos frères abusés,

    Nos frères exploités,

    Nos frères torturés,

    Nos frères humiliés,

    Qui se noient, affamés 

    Et qui meurent, assoiffés 

    De partage et de vie... 

     

    ©        


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  • Groix... À mes pieds, l'océan...

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    Il ne pleut pas encore

    Mais le vent s'est levé 

    Et le ciel, cousu d'or,

    Prête alors à rêver. 

     

    À mes pieds, l'océan,

    Irascible, agité,

    Dans son gouffre béant 

    Semble s'impatienter.

     

    Accourent du ponant

    De hautes vagues sombres

    Leur chahut dissonant.  

    Se vêt de feux et d'ombres. 

     

    Loin des premiers écueils 

    Qu'il rabroue furibond,

    L'horizon prend le deuil

    D'un été moribond. 

     

    De longues flèches noires

    Annoncent une risée,

    Qu'un étrange affinoir

    Tente en vain d'aiguiser.

     

    Tel un tout premier grain,

    Ignorant roche et glaise,

    L'écume et les embruns

    Remontent la falaise.

     

    Des goélands pressés 

    Raillent au ras de l'eau

    Comme pour effacer

    Le tumulte des flots... 

     

    ©                         

     


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  • Juste là, quelques vers...

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    En souvenir de Ben...

    Juste là, quelques vers,

    Alignés sur ma feuille,

    Composition sévère,

    De mots vêtus de deuil. 

     

    Sous le ciel qui s'ennuie,

    Ils vont, tristes, en cortège, 

    Sans un chant, sans un bruit,

    Sur leur plaine de neige. 

     

    Se suivent hésitants 

    Par petits groupes sombres

    Et me content le temps

    Qui s’enfuit telle une ombre.

     

    Dans leurs costumes noirs,

    Se tiennent, détachés,

    Derrière un corbillard,

    Par la brume, caché.

     

    En ce jour presque éteint,

    Ils sont là, affligés,

    Et, dans leur frais  matin,

    Restent à jamais figés.

     

    Ils me parlent de toi,

    Mon chien, mon pauvre Ben,

    Ils disent mon émoi 

    Et traduisent ma peine. 

     

    Toutes ces pages blanches

    Que tu me vis remplir,

    En ce morne dimanche,

    Celle-là, tu m'inspires.

     

    Ce poème est à toi,

    Par-delà les saisons

    Veille sur notre toit,

    Garde encor’ la maison*…

    ©

     

    * "Tu vas garder la maison" : expression que nous utilisions quand nous devions quitter un moment le domicile. Rassuré, il pouvait alors déambuler tranquillement dans toute la maison.

                             


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