• La magie de Noël...

     

    Il pleure des étoiles 

    Sur le ciel improbable, 

    Douce et obscure toile,

    Juste fouettée de sable. 

     

    Silencieux ostensoir,

    Quand mordent les frimas,

    Point de lune en ce soir

    Pour fanal de grand mât. 

     

    La mer est en dessous,

    Infiniment brouillonne,

    Un noroît presque saoul,

    Sans répit, l'aiguillonne. 

     

    Le cynique barnum

    Voit là, tout au milieu, 

    Des femmes et des hommes

    Sur un radeau mafieux.

     

    Ô diable l'angélisme!

    Cette nuit de Noël

    Ampoulée d’égoïsme

    Est bien loin d'être belle...

     

     

    Je sais, j’aurais pu vous décrire la subtile manière de glisser sous la peau d’une poularde de Bresse de fines tranches de truffe. J’aurais pu disserter avec vous de la bienséance ou non de se souhaiter : « Bon appétit ! » au début d’un réveillon. J’aurais pu vous conter la chrétienne légende d’un enfant blond aux yeux bleus qui voilà 2000 ans naquit dans une crèche à peine réchauffée du souffle partagé d’un âne gris et d’un vieux bœuf …

    Mais pendant ce temps-là, la moitié de la population mondiale vit avec moins de 1,50 € par jour. Un milliard de ces femmes, hommes et enfants n’a pas accès à l’eau salubre. 20% de cette population mondiale détient plus de 90% des richesses.

    Enfin, pour fuir, la guerre, la misère, la barbarie humaine et la plus absolue corruption des puissants, combien de migrants mourront en cette belle nuit de Noël ?

     

     

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  • La garce !

     

    Je l’ai laissée entrer, la garce !

    Un souffle, enfant d’une risée, parfumé aux brumes océanes,

    Zéphyr caresseur des feuilles de mon précoce automne.

    Ma porte était ouverte, j’attendais un rayon de soleil.

    Le chat sur le seuil, ne s’en est pas soucié.

    Le chien, à mes pieds, a juste ouvert un œil.

    Seule l’horloge, qui souvent l’a croisée,

    A ralenti son balancier…

     

    Dans l’âtre noirci de flambées oubliées,

    J’ai cru percevoir l’écho

    D’un chant de coq affolé…

     

    Fraîchement lavée de bruines,

    La campagne bruissait, toute affairée sans doute

    À d’ultimes récoltes.

     

    Je l’ai laissée entrer, la garce !

    Frémissement d’un rideau,

    Grincement d’un volet,

    Hululement d’un hibou aux portes de la nuit,

    Glissement de la vie qui s’en va,

    Crissement de vos pas sur le blanc kaolin,

    Et le râle angoissé d’un cercueil que l’on glisse près du ventre moisi de la terre.

    La chandelle vacille,

    Fluette sur un sanglot de cire,

    Mouchée, bientôt, la verrai-je s’éteindre ? …

    ©                         

     

     


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  • Locmaria... Vespéral...

     

    Lors, les ombres oblongues,
    Sur la plage s'étirent
    En auras un peu longues
    Que le soir voit pâlir.

    Sur l'estran moucheté,
    Calme, la mer ressasse
    Un refrain émietté
    Qu'une laisse harasse.

    Des nuages bredouilles
    Brossent un ciel sans éclat.
    Un goéland le brouille
    D'invisibles entrelacs.

    Virginale soierie
    Aux délicats apprêts,
    Loin, l'horizon fleurit
    De pétales discrets.

    Fins voiliers en partance
    Vers un froid crépuscule,
    Ce flamboiement intense
    Pour un jour qui bascule...

    ©                         

     

     


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  • Quelques lunes enlacées...

     

    Quelques  lunes enlacées
    Autour du temps qui passe
    Et le souffle harassé
    De risées qui s'espacent.

    L'océan se bouscule
    Aux portes de mes rêves,
    Seuls, mes mots funambules,
    Sur leurs lignes s'élèvent.

    Froid hiver que l'ultime
    Qui semble deviner
    Qu'aux froufrous de l'intime,
    Tout espoir est damné.

    Telles vieilles pleureuses,
    S'ébranlent mes douleurs
    Et leurs trognes véreuses
    Aux troublantes pâleurs.

    L'illusion d'une voile
    Brosse un faux horizon,
    C'est un ciel sans étoiles
    Qui drape ma prison...

    ©                         

     


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  • Des Dieux, me suis lassé...

     

    Sombres, mes idées noires,
    Feuilles mortes au soleil,
    L’antichambre d'un soir
    Où l'espoir s'ensommeille.

    Virevoltent enivrées
    Sur l'azur opalin,
    Inquiétante  livrée
    D'un automne en déclin.

    Elles brûlent mon âme
    D'une froide insouciance
    Chimériques sésames
    Aux vents des résiliences.

    Puis le ciel s'ensanglante
    Pour afficher ses hontes,
    Une introspection lente
    Face à la nuit qui monte.

    Tout semble s'effacer
    À l'ombre de prières,
    Des Dieux, me suis lassé,
    Je ne suis que poussière....

    ©                         

     


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