• Groix... Miz du...

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    Voici venu novembre,

    Son haleine d'humus, 

    Ses ciels aux couleurs d'ambre

    Tendus de gris stratus. 

     

    Les chemins désertés 

    Jonchés de miroirs morts,

    Coupent sans se hâter 

    La lande qui s'endort. 

     

    Pour seule turbulence, 

    Quelques faisans pressés 

    Brisent un quasi-silence

    Craignant d'être chassés. 

     

    La mer, comme agacée, 

    A jeté ses effets

    De turquoise lissée 

    Pour des habits défaits.

     

    Les villages sommeillent

    Peuplés de maisons vides

    Quelques mouettes les veillent

    Et planent impavides.

     

    Souvent, le soleil luit,

    Donnant aux jours espoir

    Mais, trop vite la nuit

    Les plongent dans le noir.

     

    L'hiver est sur le seuil

    De ces journées avares

    Portant déjà le deuil 

    De l'automne fuyard. 

     

    Sous ses grains menaçants 

    Et ses teintes fondues

    Mystérieux, angoissant,

    Voici venu miz du*…

    *  Novembre en langue bretonne (littéralement mois noir) 

    ©


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  • Groix... Nostalgie...

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    Par l’océan étreintes,

    S’avancent les Saisies,

    Sous les languides plaintes

    De goélands transis.

     

    Une bise d’octobre

    Vient malmener l’automne

    Et jette son opprobre

    Sur ce jour monotone.

     

    Un exsangue soleil

    Teinte les rues désertes,

    Le vieux port s’ensommeille,

    Ses bateaux le désertent.

     

    Au pied de la chapelle,

    Le lavoir assoiffé

    Peut-être se rappelle

    De querelles passées.

     

    C’est la morte saison.

    Sous leurs paupières closes,

    Sans âme, les maisons,

    Se blottissent, moroses.

     

    Dans cette ambiance inquiète,

    Chagrin, je me promène,

    J’effarouche des mouettes

    Qui devinent ma peine.

     

    S’enfuient les souvenirs,

    D’anciens qui disparaissent,

    Prêtant à l’avenir,

    Des effets de tristesse…

    ©


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  • Groix... Crachin d'automne...

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    La côte s'encrachine 

    Et l'horizon se voile,

    À ce moment, la bruine

    Devient tulle nuptial.

     

    Pour ces noces éphémères 

    Sous le ciel larmoyant,

    Les ajoncs, la bruyère,

    Se parent de brillants.

     

    L'océan embrumé 

    Agite ses dentelles

    Aux échos sublimés 

    De fraîches cascatelles. 

     

    La marée est montante,

    Rêveuse, elle s'ennuie

    D'une brise inconstante

    Que les oiseaux ont fuie.

     

    L'amer, sur le plateau,

    S'efface par instant

    Pour n'être plus bientôt 

    Qu'un fantôme envoûtant.

     

    Deux lapins turbulents

    Se figent tout à coup,

    Le cri d’un goéland

    Monte d’un vallon roux.

     

    Disparaît le grand phare,

    Tout est comme assourdi

    Lors, mon chemin s'égare 

    Dans la lande engourdie... 

     

    ©        


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  • Locmaria...Il souffla tôt matin...

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    Il souffla tôt matin

    Un vent venu du sud.

    Le ciel  était d'étain, 

    Discret, on l'eût dit prude. 

     

    Sous la brise entêtée, 

    L'air était tiède et doux,

    Tel un reste d'été 

    En cet automne fou.

     

    Désert, volets fermés,

    La brume pour duvet,

    Près de pins clairsemés, 

    Le village rêvait.

     

    Muet de tout appel, 

    Le fin clocher de bois

    De la vieille chapelle

    Se moquait bien du froid. 

     

    Le port comme asséché 

    De ses bateaux et barques

    Formait une psyché 

    Où l'eau traçait un arc. 

     

    L'océan s'abreuvait 

    De nues bientôt exsangues,

    La plage à son chevet,

    Teintée d'ocre et de mangue. 

     

    L'éther pour capulet,

    Ourlé de fins nuages

    Locmaria somnolait

    Indifférent et sage...

    ©                         

     


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  • Groix... Là-bas, je te devine...

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    Sous son triste manteau,

    La rade barbouillée 

    Se moque de bateaux

    Qui veulent louvoyer. 

     

    En veilleuse fidèle,

    Sous le ciel brouillassé, 

    Raide la citadelle, 

    Les regarde passer. 

     

    Une ambiance ouatée 

    Par un vent qui s'essouffle,

    Des gouttes éclatées 

    Puis, plus le moindre souffle. 

     

    Des goélands s'enfuient

    Et, même le courrier

    Qui bruyant, me conduit,

    Semble s'y s'ennuyer.

     

    Là-bas, je te devine,

    Tranquille, ancrée au large,

    Enveloppée de bruine,

    Telle une grande barge. 

     

    Tu n'es qu'un sombre trait,

    Couché sur l'horizon,

    Un paraphe discret

    Posé en flottaison. 

     

    Mais, je sais tes mystères, 

    Ô mon île choyée !

    Tout petit bout de terre,

    À trois miles mouillé... 

     

    ©                         

     


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