• Groix... Jour d'été...

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    Tout là-haut, le soleil,

    Quelques nuages blancs

    Qui, sans bruit, appareillent,

    Tranquilles et indolents. 

     

    Un ciel, ivre de bleu,

    Colore l'océan,

    L'horizon nébuleux 

    Les unit, tendrement.

     

    De mille feux scintille,

    Paresseuse, la mer,

    Une lente flottille, 

    La parcourt, éphémère.

     

    En bien curieux chalands

    Dont il semble qu'ils veillent,

    Mouettes et goélands 

    Sur la rive sommeillent.

     

    Une brise distraite

    Berce des boutons d'or.

    Ourlée d'algues discrètes 

    La plage nue se dore.

     

    Quêtant quelconque obole 

    La chapelle est ouverte,

    Le village somnole

    Le long des rues désertes.

     

    Les bistrots sont sans voix

    Il fait pourtant si chaud

    Juste le cri parfois,

    D'un insolent vanneau.

     

    Journée calme, impassible,

    Suspendue par instant.

    Je veux croire possible 

    Que s'arrête le temps...

    ©                         


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  • Groix... Les nuages...

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    Estivale la pluie

    Tombe de lourds nuages

    Qui, sur la mer s'enfuient,

    Empesés et trop sages. 

     

    Ils tapissent le ciel

    De formes improbables, 

    Légères, immatérielles

    Et toujours impalpables. 

     

    Paisibles, ils crapahutent,

    Mais pour eux, nul abri,

    Ils se pressent sans but,

    Vêtus de manteaux gris.

     

    Poussés par de forts vents,

    Sur l'océan stoïque,

    Vous les voyez souvent

    Jeter des lignes obliques.

     

    Des ancres invisibles 

    Comme pour s'y fixer

    Une escale impossible

    Sur l'étendue froissée. 

     

    Ils créent infiniment

    Sur la voûte céleste 

    Des tableaux nonchalants 

    Majestueux ou modestes...

     

    ©        


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  • Nuit sur l'île de Groix...

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    Au théâtre des ombres,

    Étrangement fardée,

    Glisse sur un ciel sombre,

    La lune intimidée. 

     

    La nuit enveloppante 

    N'est que chuchotements 

    Discrète confidente

    De fébriles amants. 

     

    La mer est un murmure 

    Et le vent, indolent, 

    Bruisse dans les ramures

    De grands pins somnolents. 

     

    Sur sa branche douillette,

    Improbable patère,

    Même la vieille chouette

    A préféré se taire.

     

    Rompant l'imaginaire,

    Ses douze coups sonnés, 

    L'horloge centenaire

    Se rendort étonnée.

     

    Et l'ambiance ouatée

    Recouvre ses quartiers

    Seul, l’estran déserté,

    Chatoie d'éclats brouillés.

     

    Comme surgi de l'onde,

    Renaît le sortilège 

    D'un temps qui vagabonde,

    Toupille telle neige.

     

    Lors, il me semble entendre

    Une plainte lointaine

    À la fois triste et tendre

    Peut-être une sirène?...

    ©                         


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  • Crépuscule...

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    J'ai laissé entrer la houle 

    Au plus profond de moi,

    Des vagues violentes,

    Ces monstres baveux

    Abreuvés des couleurs 

    D'un ciel d'orage

    Que les oiseaux ont fui effaçant l’horizon.

     

    Et, mon vieux corps couché

    N'est plus 

    Qu'un triste rivage, incessamment fouetté,

    Perfidement giflé

    Par ces dragons de glace

    Qu’un ponant barbouillé

    Vient cracher sur mon souffle.

    Une étrange tempête 

    Aux fragrances d'encens

    Dans la funeste crypte, où je ne suis qu’ossuaire,

    Là, je devine encore

    Sur mon âme, enchâssés,

    Les reliques cyniques

    De mes actes manqués.

     

    Lors, dans ma tête gourde,

    Résonne la tourmente,

    Celle des crépuscules 

    Froids et sans apparat 

    Qui annoncent la nuit,

    Ténèbres infinies

    Dont je sais, aujourd'hui, 

    Qu'elles seront sans matin...

     

     

    ©  


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  • Locmaria... Lendemain de gros temps...

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    Le ciel gris me regarde

    Par la fenêtre ouverte

    Et ses teintes blafardes

    Semblent le rendre inerte. 

     

    Il jette sur les toits

    Un voile sans éclat 

    Que des oiseaux narquois

    Souillent de-ci de-là. 

     

    Sous sa voûte de soie

    Qui peine à se lever,

    La mer, que j'aperçois, 

    Paraît s'y abreuver. 

     

    La ligne d'horizon

    Se noie dans les risées,

    Immobiles prisons

    D'un suroît épuisé. 

     

    Les oiseaux, par centaines, 

    Couvent de noirs rochers,

    Leur tissant des mitaines

    Déjà effilochées. 

     

    Ça sent le goémon, 

    La plage en est jonchée,

    Poudré d'un fin limon

    Qu'un ruisseau vient gâcher.

     

    Quelques jeux délaissés 

    Offrent leur infortune,

    Seul, un couple pressé 

    Remonte ici la dune.

     

    Navrant les estivants,

    La nuit fut agitée 

    D'un traître coup de vent

    Venu troubler l'été... 

    ©                         


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