• Groix... Laisse-moi donc le temps...

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    J'écoute  la rengaine

    De la houle distraite.

    Je ris de sa dégaine 

    On la croirait en fête. 

     

    Ses fines coiffes  blanches

    Semblent toujours danser,

    En un heureux dimanche,

    Toujours recommencé. 

     

    Le ciel, tendre et galant,

    Lui offre mille robes

    Qu'un noroît pétulant, 

    Espiègle lui dérobe. 

     

    Mouettes et goélands 

    Partagent sa goguette,

    Frôlant avec talent

    Ses fugitives crêtes. 

     

    Elle vient se jeter,

    Sur de sages rochers.

    Cette belle entêtée

    Viendrait bien me faucher.

     

    C'est trop tôt, ma jolie,

    Laisse-moi donc le temps,

    D'encor' quelques folies,

    D'encor' quelques printemps... 

     

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  • Un printemps bafouillé...

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    Les sapins se dandinent

    Pour mieux brosser le ciel

    D’hôtes qui se boudinent

    En file continuelle.

     

    L’attitude est bien vaine

    Ridicule, impuissante,

    Pour parer la déveine,

    D’une ondée menaçante.

     

    Les fleurs se désespèrent

    Et se désarticulent

    Dans ce ballet appert

    Où leur grâce bascule.

     

    Le vent joue les arpèges

    D’un printemps bafouillé

    Et cette fois, il neige,

    En ce matin brouillé.

     

    Une touche orientale

    Quand dans l’air papillonnent

    Des milliers de pétales,

    Telles feuilles d’automne.

     

    Ils forment un tapis

    Au canevas sommaire,

    Fanant-là, par dépit,

    Tristement éphémère…

     

    ©  


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  • Groix... Ce sont des noces étranges...

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    Joyeuses cascatelles

    Que ces vagues lascives

    Apprêtées  de dentelles 

    Qui embrassent la rive.

     

    Lors, s'unissent au sable,

    Affectueuses et sensuelles,

    Une danse improbable

    Éphémère, idéelle. 

     

    Le soleil pour témoin 

    Leur offre mille perles,

    Irisant avec soin

    Le voile qui déferle.

     

    Sous le clair firmament,

    La plage devient lit

    Les algues, parements

    La dune, floralies. 

     

    S'élèvent les embruns

    Dans un ciel presque parme 

    Où les tons azurins 

    Ne manquent point de charmes.

     

    Une brume légère 

    Comme tulle éthéré 

    Aux portes bocagères 

    De ce « Caillou* » fleuré. 

     

    Ce sont des noces étranges 

    Pour de curieux amants,

    Un éternel échange,

    L'amour infiniment... 

     

     

    *   L’île de Groix est parfois appelé communément le caillou.

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  • Mais, je m'y attendais...

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    La nuit, anorexique,

    Tic tac, tic tac, tic tac,

    J’entends le temps qui marche.

    Sur l'allée transpercée 

    Des attentes oubliées.

     

    Virevoltent des rêves 

    Asséchés et perdus,

    Ils ne sont plus pour moi.

    Mes douleurs me regardent.

    Pourquoi fait-il si froid?

     

    Le pardon des chagrins ?

    Là, point de Notre Dame,

    Sa bannière étranglée 

    Flotte au vent incertain

    D’un matin improbable.

     

    Ma vielle amie, la lune,

    Exsangue, attend en vain.

    Déjà, je la devine,

    De ma couche froissée,

    Qui s'en va, rancunière.

     

    Ô nuit ! Mon insomnuit,

    Tic tac, tic… Et plus rien…

    Le temps s'en est allé, 

    Mon temps s'est arrêté,

    Mais, je m’y attendais... 

     

     

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  • Un an déjà...

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    Papa...

    Il y a un an, jour pour jour, tu es parti rejoindre maman...

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    Je vois la pluie courir

    Sur la dalle glacée

    Puis, ses larmes mourir,

    Par le vent, effacées.

     

    Sous le ciel opalin,

    Je reste là, debout,

    Foulant un kaolin

    Qui se revêt de boue.

     

    Le jour est sans chaleur,

    Des fleurs déjà fanées

    M’offrent dans leur pâleur

    Leur charme suranné.

     

    Soudain, le vent hardi,

    Sermonne de vieux arbres

    Dont les têtes engourdies

    Se mirent sur le marbre

     

    Plus loin, la ville gronde,

    Indifférente et ivre,

    Étale sa faconde

    En un vain savoir-vivre.

     

    Écharpe en lavallière,

    Je chuchote discret

    Non ! Pas une  prière,

    Seulement des regrets…

     

     

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