• Groix... L'aquarelle...

    Si le lecteur bleu apparaît ci-dessus, vous pourrez écouter le texte en audio.

     

    Dans sa tiède indolence,

    S'en est allée la nuit.

    Tout n'est plus que silence 

    Et la brise s'ennuie.

     

    Le soleil somnolent, 

    Flambeau de flammes frêles, 

    Entame, rutilant,

    Une fraîche aquarelle.

     

    Il invite la mer

    À noyer ses couleurs

    Pour que ses tons primaires

    S’envoûtent de pâleur.

     

    Quand le port dort encore,

    Sur les vieux toits d’ardoise,

    Les jaunes se font ors

    Et les bleus s’enturquoisent

     

    Séchés par le vent d’est,

    Imperceptiblement,

    Sur la feuille céleste,

    Se fixent les pigments

     

    Quelques nuages blancs

    Brossent l’œuvre achevée,

    Assis sur mon vieux banc,

    Je me prends à rêver…

     

    ©                         

     Pour Martine dont les pinceaux rivalisent avec mon soleil matinal...


    6 commentaires
  • Groix... C'est un jour sans éclat...

     

    Une langue de brume,

    Comme voile qui glisse

    Et se mêle à l'écume 

    En discrète pelisse.

     

    Une lumière pâle 

    Qui pigmente la mer

    D'un camaïeu d'opale

    Aux reflets éphémères. 

     

    Il n'y eut pas d'aurore,

    Magique et théâtrale,

    Inondée de ses ors

    Aux essences astrales. 

     

    Un soleil apeuré,

    Pour juste barbouiller

    La plage décorée 

    D'algues éparpillées. 

     

    S'évanouissent les ombres

    Sur la dune incolore

    Où des taches plus sombres

    Y révèlent la flore. 

     

    Non, vous ne verrez pas

    De grandiose couchant,

    Annonçant le trépas 

    Des soirées de printemps.

     

    C'est un jour sans éclat,

    Sous son ciel incertain 

    Un peu morne, un peu las

    Teinté d'encre et d'étain…

     

     

    ©                         

     

     


    6 commentaires
  • Groix... J'entends, oui, je le crois...

     

    Morne  antienne sur Groix,

    Soliloque savant,

    J’entends, oui, je le crois,

    Comme hululer le vent

     

    Lors, la mer en colère,

    Éructe sans répit

    Sur la belle insulaire

    Sa hargne et son dépit.

     

    Les lumières moisissent,

    Mêlant le gris au gris

    Les brumes s’obscurcissent

    Et se diluent aigries.

     

    Ne reste que l’humide

    Celui qui colle et glace

    Ce souffle, faux-timide,

    À l’haleine salace.

     

    Et toujours cette plainte

    Qui jamais ne désarme

    Au point que l’île suinte

    D’étranges et troubles larmes…

     

    ©                         


    3 commentaires
  • Groix... L'océan peut rêver...

     

     

     

    Quelques brumes qui fuient, 

    Cheveux bruns dans le ciel

    Lors, la lune s'éteint, 

    L'océan peut rêver. 

     

    Bruisse, distrait, le vent,

    Invisible et secret,

    Il se dit que là-bas, 

    Une chouette s'en plaint.

     

    La plage goûte encore

    Les dentelles salées

    Venues s'amouracher 

    D'algues sombres en partance.

     

    Le chemin se tortille

    Et revêt, frissonnant,

    Un voile de grenat

    Que l’onde lui tissa.

     

    Seuls, les rochers se taisent,

    Indifférents et noirs,

    Ils veillent dans la nuit

    Sur un sabbat d'étrilles. 

     

    Il arrive avant l’aube,

    Que sanglote le ciel,

    Quelques larmes heureuses,

    Aux fragrances exquises.

     

    Couche-toi sur le sable

    Écoute-donc ce chant

    Il nous conte l'amour

    De la mer et d'une île... 

     

    ©                         

     

     

     

     

     


    4 commentaires
  • Groix... Le baiser de la lune...

     

    Mystérieux ostensoir,

    Fanal de grande hune,

    Je reçus en ce soir

    Un baiser de la lune.

     

    Comme un souffle, un zéphyr,

    Il vint là me charmer,

    Surgi du noir porphyre,

    D'étoiles essaimées.

     

    Baignant l'île aux grenats

    Que la nuit vit éclore, 

    La mer en frissonna

    Je crois l'entendre encore. 

     

    Un air ensorceleur 

    Qui ravit le printemps 

    Teinté de mille fleurs

    Aux parfums envoûtants. 

     

    Ce ne fut pas un rêve, 

    Bien souvent, au couchant,

    Quand la belle se lève,

    Monte à nouveau ce chant.

     

    Penché à ma fenêtre,

    Nimbée de lueurs brunes,

    Je me dis que peut-être?

    Me reviendra la lune…

    ©                         

     

     


    2 commentaires