• Quand l'ombre de la faux... Trois ans déjà.

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    Quand l'ombre de la faux

    Vint ce funeste jour,

    À tout jamais pour nous,

    Éteindre ton regard.

     

    Quand l'ombre de la faux,

    Dans ta chambre anonyme,

    Balaya les murs blancs

    Que tu vis disparaître.

     

    Quand l'ombre de la faux,

    Dans son silence lourd,

    M'interdit ce dix mai

    De te dire au revoir.

     

    Quand l'ombre de la faux

    Arrêta ton vieux cœur,

    T'offrant à  nous, figé,

    Sur ton lit d'hôpital.

     

    Quand l'ombre de la faux,

    Tout au fond du couloir,

    Sournoise s'échappa,

    Par la porte entrouverte.

     

    Quand l'ombre de la faux

    Qui ne m'attendit pas

    Reviendra, je le sais,

    À mon tour, serai prêt...

     

    ©

     


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  • Le sentier...

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    Après-midi soyeuse

    Aux senteurs paresseuses,

    Des oiseaux par dizaines

    Que les amours titillent

    S'égosillent impatients.

     

    Sous leurs paupières closes,

    Tout en haut du vallon,

    Guirlande bleue et blanche,

    Des maisons s’enchenillent

    Et rêvent de voguer.

     

    À l'heure de la sieste,

    Échappé du village,

    Cheveux ébouriffés,

    Un sentier dissipé

    Se rend à la baignade.

     

    Ensablé sur la plage,

    Tout à coup disparaît.

    Les algues au premier rang

    Depuis le flux l'attendent

    Mais il ne viendra pas.

     

    S'abreuvant de ses larmes,

    La mer fort contrariée

    Abandonne l'estran,

    Ce miroir imparfait

    Où le ciel se recoiffe.

     

    À quoi sert un sentier

    S'il se perd en chemin ?...

     

    ©


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  • Ô ciel !

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    Ô ciel !

    Du fil, du fil encore,

    De la laine, de l’étoupe,

    Des pelotes incertaines

    Sur ton vieux sarrau bleu.

     

    Ô ciel !

    Tu ranges ton ouvrage

    Sur le trait d'horizon, 

    Là, où tu viens parfois

    Faire l'amour à la mer

    Aux lueurs d’une lampe

    Qui lascive se pâme,

    Teinte les flots de sang.

     

    Ô ciel!

    Mettras-tu dès ce soir

    Ta longue cape noire ?

    Ténébreuse, envoûtante, 

    Impénétrable dais

    Serti d'étoiles mortes 

    Avec un bouton pâle

    Qui sur mon carreau glisse.

     

    Les longs doigts décharnés

    De rochers alanguis

    Amignonnent l’estran,

    Improbable clavier

    Dont les soyeux échos

    Résonnent dans nos cœurs

    En troublante pavane.

     

    Le délicat flonflon 

    De maîtres volatiles

    S'est estompé déjà 

    Laissant dans l'invisible 

    Hululer les pleureuses.

     

    Ô ciel !

    Je ne vois point d’étoiles

    Je crois même sentir

    Sur ma peau étonnée

    Tes larmes incomprises

    Que ton profond chagrin

    Puisse abreuver qui sait ?

    La chatoyante aurore

    De notre renaissance…

     

    ©


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    Mais laissez-donc la brise

    Révéler à ces âmes : 

    Ses pétales de rêves, 

    Les revêtir peut-être 

    Des parfums les plus rares.

     

    Mais laissez-donc la brise

    Murmurer à ces âmes :

    Ses cantiques profanes,

    Les bercer au soleil

    D'une aurore inversée.

     

    Mais laissez-donc la brise

    Ensorceler ces âmes

    À l'aune d'un écho,

    Les envoûter toujours

    Aux embruns de l’espoir.

     

    Mais laissez-donc la brise

    Réconforter ces âmes

    À l'ombre d'un printemps,

    Leur déposer sans bruit

    Les utopies possibles.

     

    Mais laissez-donc la brise

    Accompagner ces âmes 

    Au plus muet des bals,

    Les faire valser encore

    Au ballet des mémoires. 

     

    Ô! Laissez-donc la brise 

    Amariner ces âmes 

    Pour l'ultime croisière,

    Les emporter qui sait? 

    Vers l'improbable rive…

    ©

     


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  • En hommage à tous les soignants.

    Merci à vous toutes et à vous tous !

    Réa...

    Crédit photo surimpression : Rue89

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    Le silence et la nuit

    Se sont vêtus d'angoisse,

    Fourmilière obstinée 

    S'y dévouent les soignants.

     

    Vous n'apercevrez pas

    Leurs ombres laborieuses

    Car, pour les soulager,

    Nous voilà confinés.

     

    Ravalant leur colère 

    Ils s'enivrent de tâches.

    Ceux-là, oui je le jure

    Nous sont indispensables.

     

    J'entends le Président 

    Leur jouer du violon,

    Qui donc pourrait le croire?

    Il s'est déshonoré. 

     

    Mais l'hôpital ronronne

    Tel un monstre tranquille,

    Dans son ventre blanchi

    Des vies s'accrochent encore.

     

    Les machines radotent,

    Affichent sans remords 

    Les constantes affolées

    De patients endormis. 

     

    Certains sont sur le quai

    En totale inconscience, 

    Pour ce fatal voyage 

    D'où l'on ne revient pas. 

     

    D'autres plus vigoureux

    Pourront se réveiller 

    Sauront-ils nous convaincre

    De revivre autrement?...

     

    ©


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