• Groix... Crachin d'automne...

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    La côte s'encrachine 

    Et l'horizon se voile,

    À ce moment, la bruine

    Devient tulle nuptial.

     

    Pour ces noces éphémères 

    Sous le ciel larmoyant,

    Les ajoncs, la bruyère,

    Se parent de brillants.

     

    L'océan embrumé 

    Agite ses dentelles

    Aux échos sublimés 

    De fraîches cascatelles. 

     

    La marée est montante,

    Rêveuse, elle s'ennuie

    D'une brise inconstante

    Que les oiseaux ont fuie.

     

    L'amer, sur le plateau,

    S'efface par instant

    Pour n'être plus bientôt 

    Qu'un fantôme envoûtant.

     

    Deux lapins turbulents

    Se figent tout à coup,

    Le cri d’un goéland

    Monte d’un vallon roux.

     

    Disparaît le grand phare,

    Tout est comme assourdi

    Lors, mon chemin s'égare 

    Dans la lande engourdie... 

     

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  • Locmaria...Il souffla tôt matin...

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    Il souffla tôt matin

    Un vent venu du sud.

    Le ciel  était d'étain, 

    Discret, on l'eût dit prude. 

     

    Sous la brise entêtée, 

    L'air était tiède et doux,

    Tel un reste d'été 

    En cet automne fou.

     

    Désert, volets fermés,

    La brume pour duvet,

    Près de pins clairsemés, 

    Le village rêvait.

     

    Muet de tout appel, 

    Le fin clocher de bois

    De la vieille chapelle

    Se moquait bien du froid. 

     

    Le port comme asséché 

    De ses bateaux et barques

    Formait une psyché 

    Où l'eau traçait un arc. 

     

    L'océan s'abreuvait 

    De nues bientôt exsangues,

    La plage à son chevet,

    Teintée d'ocre et de mangue. 

     

    L'éther pour capulet,

    Ourlé de fins nuages

    Locmaria somnolait

    Indifférent et sage...

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  • Groix... Là-bas, je te devine...

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    Sous son triste manteau,

    La rade barbouillée 

    Se moque de bateaux

    Qui veulent louvoyer. 

     

    En veilleuse fidèle,

    Sous le ciel brouillassé, 

    Raide la citadelle, 

    Les regarde passer. 

     

    Une ambiance ouatée 

    Par un vent qui s'essouffle,

    Des gouttes éclatées 

    Puis, plus le moindre souffle. 

     

    Des goélands s'enfuient

    Et, même le courrier

    Qui bruyant, me conduit,

    Semble s'y s'ennuyer.

     

    Là-bas, je te devine,

    Tranquille, ancrée au large,

    Enveloppée de bruine,

    Telle une grande barge. 

     

    Tu n'es qu'un sombre trait,

    Couché sur l'horizon,

    Un paraphe discret

    Posé en flottaison. 

     

    Mais, je sais tes mystères, 

    Ô mon île choyée !

    Tout petit bout de terre,

    À trois miles mouillé... 

     

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  • Groix... N'est-ce-là, que le vent?

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    N'est-ce là que le vent?

    J'entends frapper l'automne,

    Pizzicato savant,

    La pluie déjà résonne.

     

    Seuls signes funéraux 

    À l'été trépassé, 

    Glissent sur les carreaux, 

    Des larmes empressées. 

     

    Arrivées de la mer,

    Se suivent les risées, 

    Invitées éphémères 

    Aux effets ardoisés. 

     

    L'océan s'impatiente,

    Il ronchonne et se froisse,

    Ses vagues bredouillantes 

    Se brisent sans audace.

     

    Dans leurs robes de miel,

    Les feuilles tourbillonnent

    Et forment dans le ciel

    Une danse brouillonne. 

     

    Sur la plage déserte 

    File un petit ruisseau

    Un goémon inerte

    Lui offre un doux berceau. 

     

    Son forfait accompli,

    Septembre, lui, s'enfuit 

    Et les jours se replient

    Pour l'hiver et ses nuits... 

     

     

     

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  • À nos frères migrants...

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    Ils se baignent, insensibles, 

    Dans cette onde turquoise

    Implacable linceul

    De nos frères en misère. 

     

    Ils souillent, impitoyables,

    Sur leurs yachts indécents, 

    De leur fric mal acquis

    En licencieuses orgies,

    Le cruel cimetière 

    De nos frères migrants.

     

    Ils érigent, arrogants,

    Sur les rives envahies

    D’une mer endeuillée,

    Leurs villas prétentieuses 

    Fruits de leurs corruptions

    En  frontière inviolable,

    Ils ne sont que bourreaux, 

    De nos frères d'Afrique. 

     

    Ces assoiffés d'argent,

    Affamés de pouvoir

    Et bouffis d'égoïsme, 

    Insultent chaque jour

    Nos frères abusés,

    Nos frères exploités,

    Nos frères torturés,

    Nos frères humiliés,

    Qui se noient, affamés 

    Et qui meurent, assoiffés 

    De partage et de vie... 

     

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