• Un an déjà...

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    Papa...

    Il y a un an, jour pour jour, tu es parti rejoindre maman...

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    Je vois la pluie courir

    Sur la dalle glacée

    Puis, ses larmes mourir,

    Par le vent, effacées.

     

    Sous le ciel opalin,

    Je reste là, debout,

    Foulant un kaolin

    Qui se revêt de boue.

     

    Le jour est sans chaleur,

    Des fleurs déjà fanées

    M’offrent dans leur pâleur

    Leur charme suranné.

     

    Soudain, le vent hardi,

    Sermonne de vieux arbres

    Dont les têtes engourdies

    Se mirent sur le marbre

     

    Plus loin, la ville gronde,

    Indifférente et ivre,

    Étale sa faconde

    En un vain savoir-vivre.

     

    Écharpe en lavallière,

    Je chuchote discret

    Non ! Pas une  prière,

    Seulement des regrets…

     

     

    ©        


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  • Groix... Vois-tu toutes ces fleurs ?...

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    Vois-tu toutes ces fleurs ?

    Délicates et fragiles,

    Dans l'extrême pâleur

    D'une aube juvénile.

     

    Leurs pétales si fins

    Frissonnent au vent d'est,

    Confettis opalins

    Diaprant l'éther céleste.

     

    D’autres, plus colorées,

    Ourlent les longs sentiers

    Qui, ainsi décorés,

    S’égayent volontiers.

     

    Ces chemins désertés

    Courent du cœur de l'île

    Vers l'océan ouaté,

    Où tout est si tranquille.

     

    Et, partout les parfums

    S’immiscent  et embaument.

    Des fragrances sans fin,

    Nous livrent leurs arômes.

     

    Par ces senteurs baignée,

    Au loin, la mer s'anime,

    À peine réveillée

    Par une brise infime.

     

    Lors, respecte ces fleurs,

    Pleines d'humilité,

    Dans ce jour, sans chaleur,

    Apprécie leur beauté ...

     

    ©                         


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  • Groix... Retour de pêche...

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    Sur le ciel, quatre voiles,

    Quatre jolis pétales,

    Faits de vent et de toile

    Sur une mer étale.

     

    Se dandine indolent,

    Sous l'azur cotonneux, 

    Le thonier nonchalant 

    Filant là, quelques nœuds. 

     

    L'océan lui murmure 

    De sa houle tranquille, 

    Un secret, un augure, 

    Que lui a soufflé l'île. 

     

    Suivent des oiseaux blancs

    Attirés par sa pêche,

    Nuée de goélands 

    Aux cris durs et revêches.

     

    Tout là-haut, le soleil,

    En bel artificier,

    Inonde sans pareil,

    De feux, l’onde brouillée.

     

    Fortune révélée,

    Ce soir, le fier voilier,

    Toutes voiles affalées

    Aura le port rallié…

     

     ©       


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  • Groix... Le souffle du printemps...

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     Le souffle du printemps 

    Exhale ses parfums.

    Attendu trop longtemps,

    Il nous réchauffe  enfin.

     

    Fascinant sortilège,

    Que son ballet fantasque,

    Quand flottent comme neige

    Pétales en bourrasques.

     

    Des chants acidulés

    Montent tels des murmures,

    Le ciel immaculé,

    Radieux, se peint d'azur.

     

    Les couleurs colombines 

    D'un vallon qui s'éveille,

    Tutoient et illuminent

    La mer sous le soleil.

     

    Lors, la brise indiscrète,

    D'humeur primesautière, 

    Maladroite et distraite,

    Virevolte, légère.

     

    Elle se joue taquine 

    Des voiles hauturières 

    D'une vieille bisquine 

    Croisant, au large, altière...

     

    Marine floraison,

    Elle descend du nord,

    Glisse sur l'horizon,

    Mes rêves sont à bord...

     

    ©        


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  • Groix... L'aquarelle...

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    Dans sa tiède indolence,

    S'en est allée la nuit.

    Tout n'est plus que silence 

    Et la brise s'ennuie.

     

    Le soleil somnolent, 

    Flambeau de flammes frêles, 

    Entame, rutilant,

    Une fraîche aquarelle.

     

    Il invite la mer

    À noyer ses couleurs

    Pour que ses tons primaires

    S’envoûtent de pâleur.

     

    Quand le port dort encore,

    Sur les vieux toits d’ardoise,

    Les jaunes se font ors

    Et les bleus s’enturquoisent

     

    Séchés par le vent d’est,

    Imperceptiblement,

    Sur la feuille céleste,

    Se fixent les pigments

     

    Quelques nuages blancs

    Brossent l’œuvre achevée,

    Assis sur mon vieux banc,

    Je me prends à rêver…

     

    ©                         

     Pour Martine dont les pinceaux rivalisent avec mon soleil matinal...


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