Crédit photo : A.F.P Montage perso Noël, les jours se poudrent. Les jours se ratatinent. Les jours semblent honteux. Blafard est le soleil Quand il trouve la force D’éloigner la grisaille. Sinon, la pluie, la neige, Qui chagrinent les heures. Le vent...
Le temps des morts, leurs tombes, Dalles déjà glacées, Éclaboussées de fleurs. L’ensorcelant murmure Du calme cimetière Que le silence a fui. Entre ses murs de pierres, Occasion mercantile, Jusqu’au porche forgé, Des vivants en sursis Viennent là s’acquérir...
Pénombre, clair-obscur Un départ sans esclandre, Solitaire, ton chagrin, Ta folie incomprise Ou ton choix respecté, Notre sidération Et pour nous, sans réponses, Nos questions… La tristesse infinie Et le deuil impossible, Seuls les mots, tel un baume,...
Caracolent ses nuits Sous les lampions stoïques Qu’un vent d’été distrait Brosse de son haleine Et son souffle s’abreuve Aux festives fragrances De houblon et de malt De grillades et de crêpes Les allées débobinent Leurs files de fêtards Noctambules éblouis...
Une laisse de mer Une laisse de vie Souvenirs émiettés Reliques inutiles De l’ombre grandissante D’un trop précoce automne Crépuscule entamé Il ne restera rien Juste un ultime flux Et des vents cabochards Plus rien ne les signale Toutes voiles affalées...
Deux pensées enlacées Et la lune là-haut Son murmure à la mer Dans l’inconnu du ciel Ce sont juste des mots Je sais ici leur source Deux âmes suspendues Deux êtres sublimés Pour une seule aura Cette rare lueur Née d’ondes singulières Porte beaucoup plus...
Tenter d’imaginer Mais sans la moindre foi, Que l’absent nous précède Et nous protège encore. Autant griffer le bois D’un cercueil introuvable, En glisser le couvercle, Froisser son capiton, Se remettre debout. N’être qu’un mort-vivant Giflé de pluies...
Ô mon garçon Quatorze mois M’ensommeiller Pour oublier Juste espérer Que ce sommeil Peuplé de songes Ne vienne pas Me rappeler Ce jour funeste Où un livreur Te découvrit Inanimé Depuis des heures Tu avais pris Ton fol envol Dans ce couloir Sombre et désert...
Les lueurs subclaquantes D’un singulier couchant Barbouillaient sur mon âme L’esquisse décevante De mon inconséquence Fabrique à souvenirs Comme à son habitude Le temps fuyait penaud Honteux chaque seconde D’effacer le présent Je me vautrais sans but...
Tapi telle une armée, Je l’entends là, tout près Le vent, cet affamé, Rôde dans la forêt. Sous mes pas, le bois craque, Symphonie bien pâlotte, Pizzicati sur flaque Que bruine qui sanglote. Des cadavres de pins Jonchent le terreau froid, Pourtant fraîchement...
Figé je somnambule Saisi je funambule Je ne suis plus moi-même Sur un fil en suspens Ma peur pour balancier Mes rêves pour filet Un chapiteau sans toile Où s’éparpillent en voûte Des étoiles défuntes S’y promène la lune En belle indifférente Qui balaie...
Papa, il y a six ans déjà tu embarquais pour où l'on va après... Tu me manques, vous me manquez tellement... Ce deuil insaisissable Lancinant et sournois Il ondule et serpente Chaque jour sans raison Nous inonde et nous mine Il se voile un moment Dans...
Pour Philippe Les lignes s’entortillent Au courant de mes larmes La vie sourde traitresse Nous livre sans remord Et sans discernement À l’exil sans retour La camarde est passée Inlassable cueilleuse Pour l’avoir évoquée Elle en a profité Pour surprendre...
Ils ne manquent pas d'air Tous ceux qui sur ces murs Revendiquent des crèches Dans toutes nos mairies, Au nom des traditions D’une Europe chrétienne ! Scandent ces malheureux. Mais, dans le même temps, Soutiennent les L.R Ainsi que le R.Haine Pour bouter...
Il y a ceux qui jugent, Il y a ceux qui jasent, Et ceux qui vous évitent. Ceux qui ne savent pas, Ou bien qui croient savoir Mais, qui inventent tout. N’oublions pas non plus Les curieux, les voyeurs. Autant d’ombres tenaces Quand très modestement, Se...
La course de mes nuits Une à une immuables Leur silence Leur mystère Leurs douleurs Leurs brouillards Leurs rêves indomptables Maladroits funambules Sur la corde d’un fouet Parfois imaginer Que l’on puisse entre-deux Se repaître vivant Du pieux chœur...
À l’ombre d’un nuage Se tapit ma mémoire J’y barbouille ma page La balafre en ce soir Y serpente de l’encre Des pâtés couronnés Que le pire des cancres N’oserait pas renier Calligraphie païenne Née de mon inconscient Courent arachnéennes Mille trainées...
La nuit s’est aveuglée De vieux rêves abscons D’invisibles pluies fines Lavandières étonnées D’un jardin mutilé Gueule ouverte une ornière S’est gavée de cette eau Qui cherchait son chemin Allez savoir pourquoi Le vent en prit ombrage Une nouvelle fois...
En l’automne salace Un fouillis ocre orange En guise de manteau Reptiliennes pensées Crissent sous la fougère Entêtantes et tenaces Identiques et glacées Les pluies de la journée Semblent s’être accrochées Aux risées de la nuit La sente se fait lit D’improbables...
Libre je rêve encore Au-delà de la nuit Au-delà de ce temps Que le balancier scande Métronome des vies Disséquées en secondes Libre je rêverai Aux journées suspendues Aux attentes éthérées Aux rencontres fortuites Aux caresses discrètes D’âmes à jamais...
Sur un dos courbatu Un bien étrange sac Aux lanières acérées Son poids insupportable Comm’ si roulé en boule Un bourreau y dormait Un seul chemin de crête Habillé de vertige Il a plu il pleuvra Et la glèbe est traîtresse Les nuages s’en foutent Incontinents...
Une brume à l’étale Emballe toute chose Il règne en cet instant Un silence tapageur Pleinement habité Du vol de goélands Voyageurs dissipés Volatiles angoissés Étonnamment muets Le port s’est calfeutré Gauchement engoncé Dans ses draps de varech D’étonnantes...
Glisser, plus que descendre, Une marche après l’autre, Chaque treizième jour, Chaque mois de l’année, Une à une, à minuit, Là, c’est la vingt troisième. Ce n’est pas une chute, Pas plus qu’une agonie, Ce n’est là, mais c’est trop, Qu’un douloureux constat....
Est-ce toi mon garçon Qui a tiré Le dais gris Des nuages ? Sombre est le ciel, Bientôt noir, Le soleil en colère A rejoint Sans un bruit Sa rutilante alcôve. Il fait nuit désormais. Même la lune boude. Oh ! Une larme est tombée Puis deux, puis trois,...
J’ai froid de solitude Tes souvenirs me soûlent Inertes je les fuis Désormais ils m’encombrent Non ils ne sont pas toi Ne sont que des images Déformées fantasmées Je t’offre avec bonheur Mon seul imaginaire Viens donc t’en revêtir Viens donc y habiter...