J'ai vu son doux visage Passer à la fenêtre Un ciel bleu, des nuages, Deux, trois oiseaux peut être. Il m'a semblé pressé Mais tout plein de gaité Puis s'est vite effacé Je n'ai pu l'arrêter. Arrivé à cette heure, Vous vous demandez qui Est ce preux visiteur?...
Plongé dans ma torpeur, L'angoisse me submerge, D'émotion et de peur Douloureux, je gamberge. Anonymes et livides Passent des blouses blanches En cet antre morbide Mon espérance flanche. Ô mystérieux poisons Vos fragrances poivrées Voudraient lors m'enivrer...
S’en va, s’en vient tranquille, Tendrement conquérante La mer qui baigne l’île Et sa pointe implorante. S’abandonne le phare, Maigrelet et tout nu Dressant ses flancs blafards Au ciel bleu revenu. Les moignons tourmentés Des tamaris fauchés Couronnent...
Le vent s'est épaissi Et souffle sans ambages Sur la lande roussie Qu'ombrent quelques nuages. Secrète et bienfaisante, Infiniment tranquille, La mer omniprésente Embrasse toute l'île. Les goélands se taisent. Et là bas, tout au nord, Juché sur ses falaises,...
J'ai courtisé la lune Qui s'en est bien moquée Lors, dans mon infortune, L’ai un peu provoquée. "Pauvre baballe rousse Tu viens là me narguer Avec ta p’tite frimousse Que l’on croirait taguée. Où vas-tu donc ainsi Voilée de blanches brumes ? N’aurais-tu...
En plein cœur de la nuit, Quand la brise se lasse Alors, surgit l'ennui Et le temps qui s'efface. Pleines de nonchalance, S'écoulent les minutes, Dans leur presque silence Elles meurent sans but. L'horloge les décompte Comme pour me narguer Et moi, idiot,...
* * extrait du chant des partisans chœur de l'armée française Suinte, la peste brune, Insidieuse et malsaine, Voilà ses vieilles lunes Qui occupent la scène. Toutes bouffies de haine, Prêtes à nous entretuer, Je parle du FN Et de son infatuée. En fourbe...
J'ai vu ce jour honni Courir à perdre bise Et entrouvrir cruel La rive des remords. J'ai cueilli les flonflons Du manège éthéré Qui cabre ses chevaux Sur des houles cyniques. J'ai entendu toquer Des cœurs en escalade À l'huis de ces regrets Qui découvrent...
L’ombre de fausses fleurs Sur la dalle béate Prend un bain de soleil En ce beau jour de mars. Le grand cyprès tout près, La rafraîchit un peu C’est l’heure de la sieste Des pensionnaires du lieu. Dessous monsieur Machin Se retient de ronfler. Il est si...
J’ai invité mes rêves À embrasser la lune, Étreintes douces et brèves Qui au couchant s’allument. Des baisers si fleuris Que le vent s’en parfume Et que l’air s’en nourrit Jusqu’au cœur de ses brumes. Dessous un pourpre voile, La nuit un peu troublée...
J'ai froid de la vieillesse Que mes douleurs inspirent, Sirotant mes faiblesses En attendant bien pire. J'ai froid de cet hiver Qui a figé l'automne De gelées trop sévères Qui en mon corps résonnent. J'ai froid de ce passé Trop vite gaspillé En train...
Quand chaque mois ma sœur, D'un œuf vous avortez, Que dit votre Seigneur De ce germe mort né? Et quand la nuit, cher frère, Vous polluez vos draps En croyant vous distraire. Que de vies vous tuez là ? Ainsi, curés pépères, Qui oyez le pêcheur, Vous vous...
Vous êtes bien pressées Mesdames les années, Une à une passez Puis, aussitôt fanez. Et vous, messieurs les jours, De plus en plus rapides Qui errez sans amour Exsangues et insipides. Mais que devrais-je dire De vous, maudites heures, Venues là pour ourdir...
De glace mes pensées Se couvrent en ce matin. Sur le seuil, harassé, S'étiole mon destin. S'accélère mon souffle, Se tordent mes douleurs Qui hurlent et puis s'essoufflent Drapées dans leur pâleur. Sur mon âme, la bise Mortifie mes espoirs, Mes lendemains...
L'élégance d'un ange Aux fines boucles rousses, Une musique étrange Telle une fugue douce. La plus exquise brise, Sur un sable doré, Devant la mer conquise Par l'écume effleurée. Le souffle retenu D'un chaud matin d'été Et là-haut dans les nues, Une aigrette...
La sente s'est perdue Dans la lande odorante, Pauvre course éperdue Pour la belle ignorante. Vers un vallon tranquille, Amourette éphémère, Cette faveur de l'île En a snobé la mer. Ourlant la blonde dune D'un gris galon fardé, Le soleil et la lune L'avait...
* La douleur, la misère, Les choquaient à tel point Qu'ils mimaient la colère Révoltés, mais, de loin. Contre l'argent, en rage, Se disaient progressistes Ils prônaient le partage Se voulaient humanistes. Ils chantaient l'utopie Les rêves du grand soir...
Reviendra le printemps Les bourgeons et les fleurs Parfums et joli temps, Le bonheur qui affleure. La mer toute tranquille Qui paresse au soleil Et puis caressant l'île La brise sans pareille. Les bateaux revenus La plage qui se dore Sur l'herbe, bienvenus,...
Vouloir quérir l'oubli Mais cueillir le remords Et mille et un regrets, Ou autres actes manqués. La nostalgie grimace D'improbables futurs, Elle exhale entêtante, Ses senteurs vénéneuses. Perles de pacotille, Mes larmes étouffées Laissent au flanc de...
Folle course éperdue, Glisse, glisse ma plume Sur la ligne perdue D’une livide brume. Je regarde mes lettres Qui se donnent la main, Trottant pour reconnaître L’horizontal chemin. D’encre, teintées, se posent De la gauche à la droite, Elles se superposent...
Je m'essouffle ce soir Et je suis sans envie, Miné de désespoir Mais, cependant en vie. Il pleut sur mes matins Qui sans recours se figent Bousculant un destin Qu'une traîtrise afflige. Attristé, je divague, Mes lendemains ressemblent À ces froids terrains...
Des oiseaux par dizaines Occupent la mangeoire Picorant quelques graines Du matin jusqu'au soir. L'herbe toute craquante Revêt un tulle blanc Et la bise piquante Se moque du printemps. Des verdiers, des mésanges, Deux ou trois rouges gorges, Très vivement...
J'affronte le miroir Dans sa pleine lumière, J'y convie ma mémoire, Cette vieille douairière. Alors tombe le masque, J'entrevois sans effroi Un vieux tas de chairs flasques, Mon corps devenu proie. Et sur ma peau fanée Sertie de meurtrissures L'outrage...
C'est une pluie d'étoiles Dans la nuit étonnée Qui sur le ciel s'étale En fanaux surannés. Leurs feux scintillent encore Sur l'océan serein Mille paillettes d'or Sur un velours marin. Point de trace de lune Sur le dais constellé, Pas plus sur l'onde brune...
Mes os me brûlent encore Et je suis leur vassal Pourquoi ce corps à corps Quand brillent les étoiles ? Cette nuit douloureuse Succède à d'autres nuits Des heures malheureuses Où tout espoir s'enfuit. Le silence me parle, Brise ma solitude, Cet emphatique...