Ô fascinant voyage, Aux confins de mes rêves, Bercé par un nuage Quand la lune se lève. Et son aura, me prête, Pour survoler la mer, Confidente discrète Ou maîtresse éphémère. Ce sont les alizés Qui me portent en caresses Et leurs tièdes risées Me baignent...
Sur la vitre chagrine Ruissellent mes angoisses, S’envolent pérégrines, Mes espérances lasses. Leurs bises vipérines Tentent de m’alerter, Lors, mon cœur s’amarine, Friand de liberté. Comme un songe éphémère Ombré de déraison, Là, le ciel et la mer S’unissent...
Ô briser le silence De l’ultime mystère, Sa menteuse indolence, Son fade goût de terre. Cet Ailleurs impossible Courtise nos candeurs En chimère irascible, Dépourvue de pudeur. Cette hantise poisseuse, À cette seule idée Que la noire rôdeuse Viendra nous...
Entre morgue et opprobre La bise est sans pitié Ne sommes qu'en octobre, L'hiver prend ses quartiers Et si novembre emporte L'âme des lavandières Volent les feuilles mortes Déjà sur la bruyère. La mer un peu boudeuse Élucubre un peu saoule, En vieille...
Le ciel est en ce soir Tout constellé d'étoiles, La lune, en ostensoir, Sur une mer étale. Navire sans sillage, Gît mon île assoupie, Posée sur l'onde sage, Tel un géant flapi. Un tendre clair-obscur Vient iriser la mer De fines cannelures Aux flammes...
Sans joie, le jour se lève, Il retient, je le sais, Quelque sombre chagrin Qu'il livrera plus tard À l'océan tremblant. Sans joie, le vent s'invite, Il confie à la plage Ses secrets d'outre terre Parfumés aux marines De son haleine humide. Sans joie,...
Quelques mots rabougris Sur une feuille morte Pour ces amours aigris Qu'un froid noroit emporte. Les remords déchirés D'une conscience vide Et leurs chants enivrés À l'automne impavide. Les rêves étiolés D'une vie en partance Comme espoirs envolés D'une...
Les branches du vieux chêne N'ont de cesse ce soir Que de sécher un ciel Infiniment chagrin. Ses grosses larmes froides Tambourinent hirsutes Sur les dalles désertes Des fates prétentions. Pleure ô gris crépuscule Sur ce bien triste jour Où d'ultimes...
Il flotte un goût de miel En ce doux jour d'automne, Fin accent dans le ciel, Un oiseau s'en étonne. Sous ses ailes légères Fume la lande rêche, Mordorées, les fougères, Comme impavide, sèchent. Puis, filent les falaises Imposantes et austères, Improbables...
Tu aurais mieux porté Le prénom de Chipie Toi, petite entêtée Qui t'appelais Siky Attirée par les bois, Si souvent tu fuguas Seulement, cette fois, Tu ne reviendras pas. Tes compagnons sont tristes Et flairent ta demeure, Chat et chien réalistes Savent...
J'ai pris juste des mots, Du bout de mon pinceau, Pour en brosser le ciel Et le teinter de rêves. Des nuages patauds Se sont même écartés Pour m'offrir en ce soir Une toile de songes. Un camaïeu de bleu Venu s'abreuver d'or, Là où la mer se noie, Au bout...
S'imaginer renaître En regardant là - bas Le soleil apparaître Sur la pointe des Chats. Se sentir bien vivant, Au doux chant éphémère, Que nous offre le vent Fin archet sur la mer. S'étonner chaque fois De ce ciel qui s'allume Et vient tisser sa soie...
De mes doigts tout tremblants J'ai replié mon ombre Offrant au sable blanc Une livrée moins sombre. La plage désolée Se jetait silencieuse Sous les vagues ourlées De dentelles précieuses. Et, dans un ciel trop bleu Même pas une mouette Seul un vent cauteleux...
C'est une onde peu sage Qui danse sous mes pieds Chahutant ses nuages Tels monstres de papier. Ils mêlent leurs teints blêmes Au ressac entêtant Changeant l'écume crème En crachats inquiétants. Quel étonnant miroir Pour ce ciel un peu froid Que cette...
Sur les rousses fougères, C'est d'un souffle de plumes Qu'une brise légère Vient emporter la brume. Dévoile à quelques pas Les effets argentés Et les troubles appâts D'une mer apprêtée. Le ciel longtemps voilé Soudain, se déshabille, Laissant là s'envoler...
J'ai aperçu l'enfant, Étendu sur la plage, Trempé, se réchauffant, Je le trouvais si sage. Claires étaient les couleurs, L'océan scintillait, Je revois la pâleur Du sable sous juillet. Ce tout jeune garçon Semblait même dormir Et me vint un soupçon Qui...
Le temps est au sourire Et l'ajonc se parfume, Cette journée d'octobre Se moque de l'automne. La brise est capricieuse Et la plage sommeille, Très joliment bordée Par une laisse sombre. Le ciel est lumineux Et le soleil s'ennuie, Pas le moindre nuage...
Dans l’ombre presque blanche Qu’un froid soleil allume, Sur la feuille se penche, Lasse, ma vieille plume. Par la fenêtre étroite Pâle, veille le ciel, Passent des brumes moites Silencieuses, irréelles. Le vieux pin se dandine, Et discret, lui murmure,...
Les brumes de mon âme, Trop enivrées d'écume, Ont gravé dans le sable Une laisse de rêves. C’est la brise de Sud Qui vint la caresser, Y fleuraient les parfums De ma lointaine enfance. Cet étrange zéphyr Trouva lors, quelques mouettes, Un cormoran marrant,...
Dans ma chambre, reclus, Il me semble ce soir Qu'à mon cœur vermoulu Frappe le désespoir. Une trouble pénombre, Quatre coups bien distincts, Le murmure d'une ombre, Froissement de satin. Puis un silence lourd Enveloppe ma couche, Quand dans le contre...
Assis près du ruisseau, J'ai vu passer le vent. Je l'ai vite salué Tant il semblait pressé. Il emportait là -bas. Quelques fiers papillons, Deux ou trois libellules, Et de pauvres abeilles. Pour ne pas l'offenser, Même les verts roseaux, Alignés en cortège,...
C'est un rêve envolé, Une illusion peut-être, Que l’espoir cajolé Qui vient de disparaître. Tu vas me prendre froid Toi, qui n'est pas couvert, Ô pauvre maladroit Parti en plein hiver. Il fera bientôt nuit, Le ciel est sans étoiles La lune s'est enfuie...
Des fruits dans la ruelle Semblent invoquer le ciel, Des fougères en partance Roussissent d’impatience. Feuilles mortes embrouillées, Champignons mordillés, Dans leurs tons décrépits S’improvisent tapis. Si ce n’est pas la bise, Ce n’est plus une brise...
Et le ciel, brusquement, S’est brouillé de tristesse, Noirci, infiniment, Lourd de pluies en promesse. Le vent n’a pas tardé, Ses bourrasques sommaires De colère dardée, Ont chahuté la mer. À la pointe de l’île, Le tonnerre a grondé Présage malhabile...
Il y a juste deux mois, Béatrice nous quittait... Je lui ai envoyé ce poème le 2 juillet. Hospitalisée, elle était déjà très affaiblie. D'abord par SMS puis elle m'a demandé de le lui adresser par mail, pour mieux le savourer à son retour à la maison....