Enfle le cri des foules Sous l’éclat des drapeaux, Les visages se ferment, La chair se marchandise. Humanité bannie, L’homme s’arrache à l’homme, L’espace devient glaive Et l’air se vide d’âme. Le sol n’est plus que cendre, Chaque mot la disperse. Ô mémoire...
Je me suis demandé Si les gouttes de pluie De ce début d’automne Te savaient là encore, Quelque part ou ailleurs, En un lieu apaisé, En un pays sans maîtres. Et, j’ai cherché aussi, Dans cette logorrhée Que le vent nous impose, Un écho de ta voix. Je...
La mer est là, recommencée, Comme une phrase inachevée. Elle ronge le bord du monde, Patiente et obstinée Avec cette lenteur propre aux sages esprits. On dirait qu’elle respire sous la peau de l’azur, Haletante, offerte à la lumière. Il semblerait qu’en...
Trois sous de nostalgie Mes petits doigts poisseux Couleurs de roudoudous Je me suis évadé Ma candeur cueille l’air Sur la lune ou ailleurs Je ne suis plus qu’un rêve En mon secret royaume L’ombre glisse et s’enfuit Caresse mon front pur Un pudique câlin...
Les frimas de janvier S’encalminent au matin Quand les membres tordus D’arbres nus immobiles Sans bruit griffent le ciel. Ici, même la bise, Semble s’être figée. D’évanescentes brumes Enveloppent l’éther. Le village somnole, Soufflée indolemment Par ses...
Les écrans enfiévrés, Crachent des mots d’acier, En vagues sans visage, Les foules se dénigrent. Ce flux tel un marteau, Scande une sombre angoisse, Sans source ni mémoire, Moleste la vérité, . La peur dresse des murs, Chacun s’y barricade, Le voisin...
Je dénombre mes pièces Comme on compte les jours, Elles glissent des mains Et s’effacent très vite. Sans poids, je déambule, L’argent me frôle à peine Et, s’il m’est nécessaire, Jamais ne le vénère. Je tends un vieux billet Comme on tend sa fatigue. Qu’il...
Le 22 septembre, il y a 2 ans, à Marseille, le pape François déclarait ceci : “Nous ne pouvons pas nous résigner à voir des êtres humains traités comme des monnaies d'échange, emprisonnés et torturés de manière atroce ; nous ne pouvons plus assister aux...
Je t’évoque, te raconte, Et je fais de ta mort Une fiction de vie. Comme dans ce poème Souvent lu aux obsèques. Aux tiennes j’ai confié : « En ces journées funestes, Serties de tristes glas, Souvent l’on nous ânonne, Que le cher disparu Dont le corps...
Mélopées d'un autre âge, quasi intemporelles, le chant grégorien m' a toujours fasciné, apaisé. Je suis cependant areligieux et profondément agnostique. Allez comprendre ! J'ai, ici, voulu poser mes mots sur ces chants à l'unisson monotones et mélancoliques......
Sous la peau du silence Palpite une inconnue Lente lueur des mousses À l’ombre d’un vieux puits Virevolte une feuille Dans le froid cœur du vent Comme un mot oublié Sur la langue du monde Je marche entre les souffles Sans vouloir la nommer Cette lumière...
Tel oiseau de malheur, Lourdement, elle plane, La désinformation. Les réseaux, les médias, Chaque jour nous matraquent. Ce qui fut vérité, Est soudain balayé Et, le doute s’immisce Par la porte entrouverte Du grenier aux rumeurs. Lors sournois se faufile...
« Dans le passé, il y avait plus de futur que maintenant. » Philippe Geluck J’aime beaucoup cette citation du dessinateur humoriste. Elle m’a inspiré ce poème : Pour Dan, Le passé débordait De chemins transparents. Chaque regard portait Plus loin que...
Ô étrange fureur, Qui chaque instant me ronge, Pourquoi m’imposes-tu À cette heure chagrine Cette funeste image D’une corde oubliée En un matin de mars ? Était-ce là le bout* D’un voilier en partance ? J’imagine sans cesse Ce moment ineffable Où ton ultime...
Si le lecteur bleu apparaît ci-dessus, le texte est accessible en audio Le vent, Plume légère, Vint m'offrir Cet exquis souvenir, Ton sourire, Ce feu Au fond De tes pupilles À jamais Impressionna Mon âme Le vent, Plume légère, Vint me souffler Ce doux...
Je me suis enfermé Tout seul avec le vent Dans une fine bulle Et puis je l’ai laissé M’emporter tout au loin Très loin plus loin encore Là où le ciel est bleu Et toujours parfumé Là où les eaux turquoises D’une mer nourricière Jamais ne se chagrinent...
Négligés dans leur boîte Au voyeurisme intègre Mille moments fixés Mille moments perdus Leur silence pour aura Tant de photos pâlies Leurs échos en mémoire Gomment le temps jadis Étrange bichromie De fluettes couleurs L’écran c’est infini Infiniment étroit...
Au détour d’un chemin, J’ai croisé tôt matin, L’ombre d’un bel enfant. Le fugace reflet, Tout à fait autonome, Me parut bien joyeux, Entamant à mes pieds Une grisante danse. Même le ciel couvert Enhardi s’éclaircit Et je crus lors entendre Carillonner...
Où vas-tu mon chemin ? Où cours-tu à présent ? Vois-tu ce ciel carmin Faussement apaisant ? C’est un culte funèbre, Il annonce la nuit, La venue des ténèbres Tout apprêtées de suie. Sauras-tu retrouver Les lueurs du village En ce soir achevé Qui masque...
Cruelles flétrissures, Que ces photos passées Qui, vaines se fissurent, Au point de s’effacer. Curieux columbarium, Bien classées, elles sommeillent Dans leurs tristes albums Éloignés du soleil. Ils sont là, silencieux, Figés sur leurs clichés, Éthérés,...
Multitude de bruits Que le vent me ramène Les nuages en ont peur Et se pressent là-bas Assurés semble-t-il Que l’horizon serein Puisse les abriter L’océan lui ronchonne Il exhibe sa houle Écumante et fuyante Bringuebalent les barques Oubliées dans le...
Il a posé son sac, L’hiver, ce vagabond, L’hiver, ce vieux maniaque, Austère et furibond. Le long de la ruelle, Les arbres en sont saisis, Lèvent leurs bras au ciel, Dévêtus et transis. Et, même le bitume S’est habillé de blanc, Insolite costume, Incongru...
Le vent pour maestro, Le tumulte marin, Le froufrou des feuillages, Et la libre faconde Du peuple volatile, Le frais pizzicato D’un lunatique grain, La symphonie nature Envahit tout l’espace. L’horizon, fond de scène, Distille ses nuages. Profane procession,...
Enveloppées de brume, Fragrances suspendues Au flanc de la ria, Iode et terres mêlées, Mille bruits s’entrechoquent, Les succions de l’estran Envoûtent l’atmosphère. Le rythme de mes pas Décompte sans envie Ce moment hors du temps. Trois cygnes en majesté...
Dans un corps de vieillard Que les douleurs assaillent, Il est, c’est bien étrange, Ce tout petit enfant Naguère si enjoué. Mais, ce candide môme Se retrouve aujourd’hui Submergé, saturé D’images surannées. L’inconscient se fracasse À la scélératesse...