Entre donc dans mon antre Tu te moques des murs Pose-toi près de moi Et fais courir ma plume J’aimerais qu’elle me dise Tout ce qu’il s’est passé Depuis ce triste envol Il n’est plus temps tu sais De regretter encore Ta funeste partance Cette fois l’horizon...
Laisse-là à l’entrée Cette mauvaise idée Ôte ta veste sombre Et ce crêpe de deuil Entre-ici mon ami La salle est éclairée Et la fontaine rit Assieds-toi près de moi Et trinquons à la vie Entends-tu à présent Le chant de ces oiseaux Venus dans le jardin...
Musiciennes lumières Empruntez vos nuances Aux pigments infinis D’un ciel qui s’ensommeille Dessous l’océan veille Le rejoint tout au bout Une brume éthérée Pour celer leur union Promenant ses pétales La mer semble sérieuse Ou alors en goguette Mais jamais...
Même les jours s’effacent Et le vent s’en inquiète Miz du* s’est invité Il toqua à ma porte En ce mois funéral Où tous les cimetières S’embarbouillent de fleurs Manière d’exhiber Au cosmos insondable Le chagrin les sanglots De nos affres humaines Voilà...
Ces îles dans la brume Que je vois là flotter À l’horizon s’allument En faisceaux émiettés Ce sont mes souvenirs Frêles feux de bougie Qui semblent là s’enfuir En mer de Nostalgie Il y a sur leur sable Tant d’images écornées De remords impalpables Et...
Notre mémoire est pareille à la surface d’une mare troublée par le jet d’un objet. Elle ne nous renvoie que l’image d’un passé déformé et flouté. Cette mare barbouillée n’est plus alors qu’un miroir aux alouettes. Le temps de la mémoire N’est pas le temps...
Gwendal, repose désormais en ce lieu qu’il a tant aimé… C’est en Corse, non loin de Sartène, la plus Corse des villes Corses. Tout près de l’embouchure de l’Avena, dans l’anse de Tizzano, qu’il y soit apaisé. Ce chemin qui s’allonge, Imité par les ombres,...
Il a plu, il pleuvra, Tant de fragiles perles Uniformes et uniques. Multitude sertie Sur l’invisible dais De nos vies écorchées, Tout autant de chagrins, De souffrances occultées, Cicatrices béantes, Que nos âmes blessées Tairont jusqu’au couchant… Il...
Ô je vous vois frémir Tremblotantes et malades Vous ne sauriez gémir Sous ce ciel gris et fade. Anémiques et fragiles Feuilles jadis si vertes Gonflées de chlorophylle Au souffle êtes offertes Face au vent irascible, Singulière attitude, Les arbres impassibles,...
Laisse-le donc entrer. Il est partout chez lui. Lui se moque des murs. Il ignore les mers Car il ne connaît pas Les hymnes et frontières Les drapeaux, les visas Mais qui lors songerait À ne pas l’accueillir ? Il emprunte les rues, Ébouriffe les villes...
S’égrène ma mémoire En chapelet profane Fugaces successions D’images et de mots De souvenirs têtus De questions sans réponses Exsangues de tout souffle Héritage insensé D’absences incomprises D’existences évanouies Même la plus précieuse Que sont donc...
Je persiste et signe ! Georges Schéhadé écrivait (poète et auteur dramatique libanais) : "Méfie-toi des souvenirs comme d'une montre arrêtée" Alfred Capus : Académicien français disait : "Les meilleurs souvenirs sont ceux que l'on a oubliés" Paul Valery...
De fascinants arpèges Emportent ma pensée Voilà bientôt deux ans Et je ne comprends pas Je regarde distrait Passer les nuages J’interpelle la lune Se peut-il qu’elle sache Moi je pense que oui Les nues se font pleureuses Se succèdent les grains La terre...
Un tout petit sentier M’invita à le suivre. Pouvais-je refuser Puisqu’il m’offrait des fleurs ? J’avais peur de la pluie, Le ciel, hôte attentif, En chassa les nuages. À moins, que ce ne fut, Son complice le vent, En berger empressé, Qui ait sans rechigner...
Sur la sente des heures Qui serpente sans but, La lune se promène Et balade indolente Sa jaunasse lueur Sur les toits endormis. Elle est pleine, elle est ocre Et pourtant dites-moi ! Ce n’est pas le soleil Qui a pu tous ces jours La dorer à ce point ?...
Ô Nessie, tes pupilles, Mystérieuses et profondes, Quelle âme s’y abrite ? Sa force m’interpelle, Que veut-elle me dire ? Tu sais tous mes secrets, Mes chagrins, mes douleurs, Mais aussi, mes bonheurs. Toute en ronronnements, La nuit, tu me rassures,...
© crédit photos France bleue J’ai froid, j’ai peur, je tremble, J’ai froid de ce futur En juillet ou plus tard Mais qui, depuis longtemps, Me semble inéluctable. Cet avenir frileux, Aux lendemains avares, Replié sur lui-même, Le rejet de nos frères, Qui...
Alors tu te réveilles ? Sais-tu vielle compagne Que ces dernières heures, Je t’ai trouvée bien sage. Oh ! Quelques cauchemars, Un peu d’agitation Peut-être aussi un rêve ? Lors, pendant tout ce temps, Je ne t’entendis point Ronfler un seul instant. C’est...
Dentelière la mer Aidée de mille mouettes Tissent l’imaginaire Leurs pensées isocèles Sont esquisses de rêves De ceux qui s’épanouissent Aux lisières d’un souffle Une brise habitée D’invisibles parfums Ces songes sans substance Viennent ôter les draps...
Sentiment dérangeant Que le vent chaque jour Emporte mon passé Disperse mon présent Ces cendres de ma vie À l’ombre de nuages Que j’ai tant admirés Existence fragile En poussière d’étoiles Sur le dais uniforme De ténèbres absconses Épreuves incomprises...
Ô brumes et brouillards, Accouplés à jamais Dans ma pauvre caboche, Est-ce le ciel là-bas, Ce dais gris sans soleil ? Est-ce mon cœur qui bat Tel un glas continu ? Atmosphère encensée Aux psaumes mortifères Où sont donc mes couleurs, Ma palette de peintre...
Sont-ce les battements De mon cœur fatigué Qui soudain s’accélèrent ? Sont-ce les pas d’un reel* Qui battent en cet instant En ma triste poitrine ? Une joie, un sourire Ou lors, la simple esquisse D’un souvenir enfoui, Venus discrètement Mourir presque...
Nostalgie en jachère Souvenirs barbouillés Le passé se raconte Mais le passé me ment Par instants très fugaces Il vient là parader Habillé du meilleur C’est un peu voyez-vous Comme si tout à coup Il frappait à la porte De ma vieille conscience Juste pour...
Mille cordes de harpe Tendues sur l’océan Pour une mélodie Aux aphones échos, Il pleut sur l’horizon, Des laisses traversières Que la mer abandonne Afin que les nuages Poursuivent leur voyage. Je les suis, empotés, Qui ombrent l’onde sage. Phébus s’est...
Je suis comme ce soir Aveuglé de ténèbres Pas une seule lune Pour deviner mon ombre Juste une fausse brise Pour caresse anonyme À moins que ce ne soit L’intersigne d’une âme J’erre là sans calcul Aux abords imprécis D’un fatal précipice Ma sente disparaît...