• Groix... Les tresses du matin...

     

    Les tresses du matin
    Exhalent des parfums
    Aux douceurs du satin
    D'ailes de séraphin.

    S'y amuse la mer,
    Sertie de vives braises,
    Mille éclats éphémères
    Qu'un fin brouillard apaise.

    Discrète joaillière
    Aux jupons apprêtés
    Si l'aube est printanière
    Nous sommes en été.

    Offert aux doux câlins
    D'un zéphyr tempéré
    Le ciel est opalin
    Un peu comme éthéré.

    Lors, telle une évidence,
    Sans la moindre censure,
    De tendres confidences,
    Mon île me susurre...

    ©                         

     


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  • C'est un vieux sac de toile...

    *

    * Grand merci à Awena Guiner pour son délicat accompagnement à la harpe celtique...

     

    C'est un vieux sac de toile
    Taché de clématites,
    J'y pioche les étoiles
    D'un loto insolite.

    Posées sur le velours
    D'angoissantes ténèbres
    Deviennent les atours
    D'un triste dais funèbre.

    Je les voudrais éclats
    De ces vies disparues,
    Reflets d'un au-delà
    Pour moi si incongru.

    Allongé sur la plage,
    Je les contemplerais
    Dans un ciel sans nuages
    Lavé par un vent frais.

    Puis, je m’endormirais.

    Le sac, devenu voile,

    Là-bas m’emporterais

    Au pays des étoiles…

    ©

     

     


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  • Au seuil de nulle part...

     

    Tout au bout de la route,
    La vie vient se tarir
    Et les vagues du doute
    Pourtant vont s’y nourrir.

    Lors le ciel et la mer
    S'embrument de chagrin
    Quand glissent éphémères
    Les rais d'un dernier grain.

    Crépuscule avorté
    Sans l'heur d'un lendemain,
    Des regrets émiettés,
    Seuls, jonchent le chemin.

    Et dans cette antichambre,
    L'image d'une barge,
    Le froid brûle les membres
    Et le souffle se charge.

    Voyage terminé
    À l'encre d'un faire-part
    Sous quelques fleurs fanées
    Au seuil de nulle part...

    ©                         

     


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  • Ce chemin-là...

     

    Ce chemin-là, hérissé de tessons de bouteilles…

    Et pourtant !

    Il me faudra le prendre.

    Sous le soleil, sous les frimas, avec un ciel toujours têtu, paré d’automne, griffé de branches mortes.

    L’haleine de ses vents se chargera des fragrances de l’humus.

    Les torrents, les ruisseaux, les rivières et les fleuves prétentieux auront déjà fui leurs lits béants.

    Il fera brume, peut-être pire…

    Il fera mort…

    Point de voiles sur la mer.

    De fines pochettes de dentelle, barrées d’un crêpe d’algues, ourleront cette houle qui m’était si précieuse.

    De ces vagues fainéantes mais bouffies de violence qui rouleront encore, sans couleurs, nauséeuses.

    Elles me feront cortège pour un port impossible, pour un cap chimérique.

    Point de vigie au grand mât pour deviner ce trait d’ombre lointain que les croyants espèrent.

    Un semblant d’horizon, puis les nues, l’océan, dans ce même couchant, m’ouvriront le néant.

    Je n’aurai plus de larmes car je ne serai plus…

    Ce chemin-là, pavé de bris de verre et jointoyé d’orties, ce chemin-là, c’est déjà mon enfer…

     

    ©  


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  • La flamme d'un adieu...

     

    À mon père, parti ce 10 mai...

      

    Je te vois un peu sombre
    Qui t'en vas sur un fil
    Tendu entre deux ombres
    Angoissantes, immobiles.

    Ô triste patriarche
    Déchiré de douleurs
    Ta percluse démarche
    S'habille de pâleur.

    Le camaïeu du ciel
    Revêt ta silhouette
    D'une cape de miel
    Où planent quelques mouettes.

    Je te sens hésitant
    Quand éclot dans tes yeux,
    L'espace d'un instant,
    La flamme d'un adieu.

    Il fait froid désormais
    Ne reste que le fil,
    Funeste jour de mai,
    Fatal, indélébile...

     

     

    ©                            

     


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