• Embruns de mots...

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    J’écris

    Sur un murmure

    Celui de l’onde sombre

    Des mots

    Tels des embruns

    Que le vent me dérobe

    Ne laissent sur mes lèvres

    Que le sel

    De mes peurs

    Et le goût

    De mes maux

     

    Le ciel

    Est mon silence

    L’inconnu

    L’infini

    Peut-être le néant

    Après tout

    Je sais bien

    Qu’à l’aube s’y j’y suis

    Le temps

    Ce palimpseste

    Me sera illisible

     

    Ph Dagorne ©


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  • Groix... Crachin d'automne...

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    Mer et ciel s'acoquinent,

    Haleine de poiscaille

    Rotée par une bruine

    Aux effets de boucaille.

     

    Les côtiers sont en larmes,

    Du moins ceux qui survivent,

    Dans ce port  sans vacarme

    Que leurs couleurs ravivent.

     

    Loin, le temps des dundees,

    Les môles sont déserts,

    Raides presque guindés,

    Et surtout peu diserts.

     

    Sur les fenêtres myopes

    Que des rideaux pavoisent,

    Les maisons s'enveloppent

    De parapluies d'ardoise.

     

    Le trait noir des falaises,

    Tous ces gris confondus,

    Les bistrots qui se taisent,

    L'île est comme perdue.

     

    Elle vogue au hasard

    Peut-être à la dérive

    Dans ce troublant brouillard

    Qui, d'horizon, la prive.

     

    Clair obscur cafardeux

    Ce n'est ni jour, ni nuit,

    Dérangeant entre-deux,

    J'y traîne mon ennui...

     

    Ph Dagorne ©


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  • Il a plu cette nuit...

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    Je remercie Mariannig Larc'hantec pour son délicat accompagnement

     

    Je crois bien qu’il a plu,

    Quelques gouttes trop rares

    Sur une herbe épuisée,

    Élixir attendu

    Depuis de si longs jours.

     

    Je crois bien qu’il a plu,

    Un nuage grognon,

    Je peux vous l'assurer,

    Au-delà de minuit,

    Vint toquer mes volets.

     

    Je crois bien qu’il a plu,

    Discret pizzicato

    Sur les feuilles meurtries

    D'un noble châtaignier

    Devenu violoncelle.

     

    Je crois bien qu’il a plu,

    Les toiles d’araignées,

    Délicates rosaces,

    Ont dû s’ornementer

    De mille et une perles.

     

    Je crois bien qu’il a plu,

    C’aurait pu être un rêve,

    Les notes cristallines,

    Toutes entremêlées

    D’une divine harpe.

     

    Il a plu j’en suis sûr,

    L'hortensia balafré,

    La flaque sur l'allée,

    Et le chat du voisin

    Me l'ont dit au matin…

    Ph Dagorne ©

     


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  • Sous la futaie...

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    C’est un chant qui sourit

     

    Vêtu d’ombres

    Sous la futaie

    Acidulé

    Il fait des pointes

    Au bout des feuilles

     

    Soudain il monte

    Colimaçonne

    Émerveillé

    Quand il emballe

    Le cœur d'un arbre

     

    Ce petit air

    Mine de rien

    S'abreuve même

    Des parfums rares

    De courts silences

     

    Puis il se perche

    Sur un rayon

    Fait d’ors tressés

    Mince baguette

    Du vieux Phébus

     

    Débute là

    Un long solo

    Y farandole

    Un fin duvet

    De brise tiède

     

    Répondez-lui

    D'un gai sifflet

    Le bel oiseau

    Vous confie juste

    Un doux secret

     

    Ph Dagorne ©

     


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  • Le vent, plume légère...

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    Le vent,

    Plume légère,

    Vint m'offrir

    Cet exquis souvenir,

    Ton sourire,

    Ce feu

    Au fond

    De tes pupilles

    À jamais

    Il impressionna

    Mon âme

     

    Le vent, 

    Plume légère,

    Vint me souffler

    Ce doux secret,

    Ton émotion,

    Une larme

    Au goût simple

    Du bonheur

    À jamais

    Il désaltéra

    Mon âme

     

    Le vent,

    Plume légère,

    Vint me conter

    Ta non-absence,

    Ton espérance

    Ta certitude

    D'être là

    À jamais

    Il illumina

    Mon âme

     

    Ph Dagorne ©

     

    "Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c'est la présence des absents, dans la mémoire des vivants."

     

    Jean d'Ormesson

    6 juin 1974


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