• Quand les ombres s'effacent...

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    Quand les ombres s’effacent,

    Se mêlent aux autres ombres,

    Que les rires se figent

    Et deviennent soudain :

    Grimaces d’outre-tombe.

     

    Quand les regards se voilent

    Sur des âmes en partance

    Qui éveillent en nos peurs

    De fallacieux ailleurs.

     

    Quand obséquieux se massent :

    Prêtres et larmoyants

    Sur les quais déguisés

    D’un improbable port

    Dont les bateaux fantômes

    Ont pour cap le néant.

     

    Quand un glas obstiné

    Rythme le pas inquiet

    D’un cortège abreuvé

    De ces pédants esclaves

    Abrutis d’ignorance

    Que nous sommes à présent.

     

    Quand râle le bois mort

    D’un cercueil pomponné,

    Sorte de faux écrin

    Où se pressent déjà

    Les pétales en neige

    De roses torturées.

     

    Quand la brise étonnée

    Vient offrir aux nuages

    Les volutes polluées

    De ces funèbres feux

    Qui ne sont après tout,

    Qu’ultime et seul enfer.

     

    Quand le flot dissipé

    Se barbouille de cendres,

    S’y reflète la lune

    En blafarde veilleuse

    Et sa muette prière

    N’invoque que l’oubli.

     

    Une à une et sans bruit,

    Se referment les portes,

    Les chemins se dispersent

    Et puis, vite se perdent.

    Que reste-t-il alors

    Qui ne soit pas fané ?

     

    Un bouquet de regrets

    Des remords en boutons…

     

     

     ©


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  • Bientôt...

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    Ô vous, tendres fragrances,

    Colorez ma mémoire 

    De flammes éthérées

    Aux notes irlandaises.

     

    Vos embruns volatiles,

    Coiffes blanches improbables,

    Viendront qui sait? Au soir

    Sur mon âme danser.

     

    Crachins, larmes marines,

    Laveront mes regrets

    Du baiser de ce sel

    Qui les vêt d'espérance.

     

    Et, si le froid du mal

    Venait mordre mes joies,

    Il se peut que la nuit

    Les guide vers l'aurore.

     

    Une aube indescriptible

    Où les ors se marient

    Offrant à l’océan

    Mille feux pour veilleuses.

     

    Lors, mes rires d'enfant

    Se mêleront peut-être 

    Aux neiges de l'hiver

    Sur mes années tombées. 

     

    Leur écran de silence

    Dira mon existence,

    J'en ferai le chemin

    D'un printemps à venir... 

    © 

     

     


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  • 13 juillet... Je n'ai pas oublié...

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    Seize années ont passé

    Seize années maculées

    À la cire des chagrins

    Ce fut un bel été

    Aux coups plus que funestes

     

    Je n’ai pas oublié

    Les flonflons de la fête

    L’explosion de ses feux

     

    Je n’ai pas oublié

    La chaleur de ce jour

    Ni la froideur soudaine

    Qui s’empara de toi

     

    Je n’ai pas oublié

    La détresse de nos âmes

    Ni l’incompréhension

    Qui sied à ces départs

    Pour des contrées promises

    Mais que nul n’a contées

     

    Je n’ai pas oublié

    Que même le soleil

    Glissa vers l’horizon

    Pour masquer sa tristesse

     

    Je n’ai pas oublié

    Seize années ont passé

    Je reste ton enfant

    Bientôt

    Je te le promets

    Je pourrai te rejoindre…

     

     ©

     


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  • Le progrès...

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    Te souviens-tu enfant

    D'un petit chemin creux? 

    Il s'enfuyait du bourg

    Pour gagner la campagne.

     

    Discret, il se sauvait

    À l'angle d'une route,

    Pressé je crois d'y prendre

    La poudre d'escampette.

     

    Juste ombré de gros chênes,

    Ocre et vert il courait

    Entre deux vieux talus

    Ignorant : prés et champs.

     

    Toutes sortes d'oiseaux

    Lui contaient mille histoires

    Au point qu'un clair ruisseau

    En éclatait de rire. 

     

    T'en souviens-tu, dis-moi ?

    Je m'en rappelle encore

    Ourlé de fleurs sauvages

    Filer vers la forêt. 

     

    Aussi donc, ce matin,

    Dès le soleil levé,

    J'ai pris ma canne en bois

    Espérant le fouler.

     

    Point de chemin champêtre,

    Plus rien n’était en place

    Vrombissements acides

    Bruyamment m’accueillirent.

     

    Je l'ai cherché en vain

    Et n'ai trouvé ma foi !

    Que d'affreux pavillons

    Bordées d'une autoroute.... 

     

    Ph Dagorne ©


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  • Midi sur Groix...

    Toile réalisée à partir d'une de mes photos et que m'a ensuite offerte Yves

    Poème mis en musique et chanté par Yves Borredon juillet 2014

     Merci à lui...

    De sa claire écriture

    Le chemin sur la lande

    Rédige sans rature

    Un début de légende

     

    Refrain :   Cette île est une toile

    Qui s’expose à nos yeux

    Et sur l’eau mille étoiles

    Un tableau merveilleux

     

    Le soleil attentif

    Écarte les nuages

    Empruntés et craintifs

    Qui ombrent le rivage

     

    Refrain

     

    Midi vient de sonner

    Les mouettes me l’ont dit

    Et voici détrôné

    Le matin engourdi

     

    Refrain

     

    Abreuvée de printemps

    Même la mer sourit

    De son bleu éclatant

    Au pied de Groix fleurie…

     

                      Ph Dagorne ©


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