• Locmaria... J'ai vu dormir la plage...

     

    J'ai vu dormir la plage
    Alanguie et tranquille
    Sous de très fins nuages
    Blancs et presque immobiles.

    Je crus même un instant
    Que janvier fût parti
    Et qu'en un rien de temps
    Juillet fût de sortie.

    Mais la plage était vide,
    Couverte d'algues brunes
    Et le sable livide
    Pleurait son infortune.

    Des mouettes aux pas pressés,
    Se jouaient sans plaisir
    De ces vagues lassées
    Venues ici mourir.

    La bise était avare
    De moelleuses caresses,
    Je compris que le soir
    Poindrait plein de rudesses...

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  • Le bonheur...

     

    Es-tu donc trop abstrait ?,

    Ai-je pu t'égarer ?

    Moi qui suis si distrait,

    J'en suis tout effaré.

     

    Vous me dites sans cesse

    Qu’il est juste à cueillir,

    Que ce n’est pas prouesse

    Qu'en un cœur l'accueillir. 

     

    J'en ai pourtant reçu 

    Et pourtant je ne peux 

    Mettre la main dessus. 

    Y en avait-il si peu? 

     

    Avant le rude hiver,

    Chaque jour désormais 

    Le chemin à l'envers

    Patiemment je refais.

     

    « Oublie-donc ton passé » 

    M'a confié ce matin,

    Dans ses habits froissés,

    Un tout petit lutin. 

     

    « Ne reste pas pantois, 

    Ce que tu as perdu

    Est juste devant toi,

    Il t'a même attendu... 

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  • Groix... La basse des Chats...

     

    Le ciel noir, comme suie,

    Semble effacer les vagues

    Qu'un vif noroît  essuie

    Sur l'hiver qui divague.

     

    Blême spectre, le phare,

    Dont la tête s'allume,

    Promènera fort tard

    Son faisceau sur la brume.

     

    Noble veilleur marin,

    Ultime forteresse,

    L'ombre lui fait écrin 

    En aura de tristesse.

     

    Surgit presque hautaine

    Lors, la basse des Chats,

    Glissant dans ses mitaines

    De blancs et froids crachats.

     

    Mes rêves en partance,

    Tels pétales de fleurs

    Narguent ici la sentence

    Des roches qui affleurent...

     

     

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  • Un noroît si sévère...

     

    Il pleuvait de l’ennui

    Sur notre court chemin.

    Son lourd parfum de nuit

    Moucha nos lendemains.

     

    Lors, le froid se fit aigre

    En ces fades journées,

    Séchant ces plaisirs maigres

    Propres aux roses fanées.

     

    Le souffle diminuait,

    Noyant nos solitudes,

    Amour plus que fluet

    Au vent des habitudes.

     

    Le soir rendit les armes

    Dans l’ombre de nos yeux.

    Resta-t-il quelques larmes

    Pour sceller nos adieux ?

     

    C’est un funeste hiver

    Qui glaça là nos âmes,

    Un noroît si sévère

    Qu’il éteignit la flamme…

     

    ©                         

     

     


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  • Louis... 12 janvier 1969...

     

    C'est une nuit brouillée
    Qui, ce soir là s'enfuit
    Sous sa cape mouillée
    Par une fourbe pluie.

    Étrange confidente
    Sifflant à ton chevet,
    La bise était mordante
    Et glaçait les volets.

    Je me souviens encore
    De ce cosy étroit
    Qui exposa ton corps
    Aux hôtes plein d'effroi.

    Tu gisais décharné
    Mangé par ton cancer
    Nous étions en janvier
    Tu entras en hiver.

    Tout me paraissait sale
    Comme ce ciel en larmes
    Quand dans un coin de salle
    Toi, tu rendis les armes...

     

    C’était il y a 48 ans. Il était mon grand père et se prénommait Louis…

    Il n’avait même pas l’âge que j’ai aujourd’hui…

     

    J'écrivis alors

    Ma plume pleurant

    Ces rimes d'alors

    J’avais quatorze ans...

     

    «Ah! Que la vie est brève

    Elle vous fuit comme un rêve...

     

    Coule fine bougie

    Ça sent partout la mort

    Étendu sur le lit,

    Trop fatigué, tu dors...

     

    Tu ne bougeras plus

    Et je pleure à ta vue

    Tu m'as quitté ce soir

    Lors, je suis sans espoir...

     

    L'hiver brutal et froid

    T'a saisi sans émoi

    Les femmes sans fin pleurent

    Tu es là... Et j’ai peur.»

     

     

    ©

     


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