• Tu t'enracine, ô lune...

     

     

    Tu t’enracines, ô lune

    Dans ton soir barbouillé

    Une nuit un peu brune

    Clair-obscur effrayé

     

    Est-ce une ombre chinoise

    Qui au-delà frissonne 

    Une image narquoise

    Une illusion bessonne ?

     

    Je recherche sur l’onde

    L’envers d’un paysage

    Ta figure bien ronde

    Un fanal sans visage

     

    Mais la plainte soudaine

    Ombre la bassinoire*

    Telle triste fredaine

    Pour une messe noire

     

    Un long hululement

    Qui surprend la forêt

    Un hibou simplement

    Au-dessus du marais…

     

     

    *La lune telle bassinoire de la nuit, cette image me plaît bien…

    Tu t'enracines, ô lune...

    ©

     


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  • Voici venu l'automne...

     

    Au milieu de la nuit

    L’été s’en est allé

    Simplement sans écueil

    Voici venu l’automne…

     

    Une bien triste pluie

    Qui vient couvrir l’allée

    De bogues et de feuilles

    Voici venu l’automne…

     

    De tièdes brises fuient

    Sous un ciel entoilé

    Les arbres qui s’effeuillent

    Voici venu l’automne…

     

    Un crachin qui s’ennuie

    Sur du sable étalé

    La plage telle seuil

    Voici venu l’automne…

     

    Des pommes comme fruits

    Sur les prés étoilés

    Plus haut des écureuils

    Voici venu l’automne…

     

    Et puis déjà la suie

    Qui pare les foyers

    De ses habits de deuil

    Voici venu l’automne…

     

    S’approchent alors les nuits

    Qui ombrent ces journées

    Que le solstice accueille

    Voici venu l’automne…

    ©

     

     


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  • Un requiem obscur...

     

    Étrangère au courroux

    L’ambiance est aux ténèbres

    Quand la forêt s’ébroue

    Triste et presque funèbre

     

    C’est l’angoissant ballet

    Des ombres enlacées

    Leurs fugaces reflets

    Comme rêves effacés

     

    La nuit est taciturne

    Sertie tout simplement

    Des ponctuations nocturnes

    De soudains craquements

     

    Métronome dément

    D’un requiem obscur

    Qu’un long hululement

    Ne saurait là conclure…

     

     

    ©


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  • C'est au son de ma voix...

     

    L’ampoule vacillante

    Ajoutait à l’ambiance

    Sa flamme tremblotante

    Signant l’obsolescence

     

    Jaunie était la feuille

    Qui lui faisait paillasse

    Un bureau, un fauteuil,

    Leurs reflets dans la glace

     

    Et je devinai là

    La fine encre bleutée

    D’un poème bien las

    Dans ses vers corsetés

     

    Quatrains désenchantés

    Oubliés sur la page

    Ses signes éventés

    Paraissant d’un autre âge

     

    Tel son prince charmant

    Voyant qu’il sommeillait

    Je saisis tendrement

    Le fragile billet

     

    C’est au son de ma voix

    Qu’alors il s’éveilla

    Un rappel immédiat

    Vit naître mon émoi

     

    La courte poésie

    Qui s’offrait à cette heure

    Brisa mon amnésie

    Car j’en étais l’auteur…

     

    ©


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  • Comme une sérénade...

     

    Arrondir quelques lettres

    Pour un bien doux message

    Que tu liras peut-être

    Si je reste bien sage

     

    Un poème tout tendre

    Sucré comme liqueur

    Pour qui sait ? Te surprendre

    Et t’étourdir mon cœur

     

    Comme une sérénade

    Chantée au clair de lune

    De ces belles ballades

    Pour espérer fortune

     

    J’en oublie tous mes maux

    Renaît là ma jeunesse

    Juste pour quelques mots

    Goûter à tes caresses…

     

     

     

    ©


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