• Groix... Avec toi je m'y glisse...

     

    Quand claquent les ajoncs

    Le soleil au zénith

    Tu te loves fleurie

    Est-ce pour me séduire ?

     

    Agitant tes dentelles

    Tu danses devant moi

    Malicieuse et enjouée

    Est-ce pour m’entraîner ?

     

    Enivrée de parfums

    Tu te couvres de voiles

    Que je crois cousus d’or

    Est-ce pour m’honorer ?

     

    Je guette ton clin d’œil

    Au-delà du mystère

    Tu n’es que sortilèges

    Est-ce pour m’envoûter?

     

    La nuit frappe déjà

    Avec toi je m’y glisse

    Qu’il est bon dans tes bras

    De s’endormir ainsi…

     

     

                                          Ô Groix ma confidente…

     

     

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  • Chimères versatiles...

     

    Chimères versatiles

    Dans l’ombre s’évanouissent

    Douloureuses et futiles

    L’effroi pour simple esquisse

     

    Obsessions immatures

    Corsetées de souffrances

    Naît la froide torture

    Veuve de l’espérance

     

    Au vent des sortilèges

    Et des peurs infinies

    Plane le seul cortège

    De folles insomnies

     

    La nuit vieille catin

    Aspire de ses lèvres

    L’improbable matin

    Obscène dans ses fièvres

     

    Matines délétères

    Aux grotesques ardeurs

    La vertu adultère

    S’y offre sans pudeur…

     

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  • Groix... C’est un soir désœuvré...

     

    C’est un soir désœuvré

    Presque muet et grisâtre

    Il s’habille de nuit

    Dans le ciel effacé

     

    Hébété je contemple

    Ce grand disque d’eau noire

    Mille pointes de pluie

    M’y soupirent une fugue

     

    L’île est en noir et blanc

    Ses mâchoires de pierres

    Paraissent s’abreuver

    Au dernier flux du jour

     

    Lors les brumes s’invitent

    S’y lèvent les angoisses

    Le vent depuis longtemps

    Est parti jouer ailleurs

     

    Pourtant je n’ai pas froid

    Quand j’écris sur le sable

    Ma confidence ultime

    Que des vagues liront

     

    Porteront je l’espère

    Ma mystique missive

    Aux âmes éplorées

    De ne pouvoir me dire…

     

     

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  • Tu t'enracine, ô lune...

     

     

    Tu t’enracines, ô lune

    Dans ton soir barbouillé

    Une nuit un peu brune

    Clair-obscur effrayé

     

    Est-ce une ombre chinoise

    Qui au-delà frissonne 

    Une image narquoise

    Une illusion bessonne ?

     

    Je recherche sur l’onde

    L’envers d’un paysage

    Ta figure bien ronde

    Un fanal sans visage

     

    Mais la plainte soudaine

    Ombre la bassinoire*

    Telle triste fredaine

    Pour une messe noire

     

    Un long hululement

    Qui surprend la forêt

    Un hibou simplement

    Au-dessus du marais…

     

     

    *La lune telle bassinoire de la nuit, cette image me plaît bien…

    Tu t'enracines, ô lune...

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  •  

    Par un fleuve asséché

    Ô frayeur ineffable

    C’est mon rêve empêché

    En sa route improbable

     

    Il y neige d’ennui.

    Claquent de fausses portes

    Dans cette ultime nuit.

    C’est celle qui m’emporte

     

    De vieux meubles qui craquent,

    Un robinet qui coule

    L’éveil paranoïaque,

    L’aphasie d’une ampoule,

     

    L’écho d’un faux ressac,

    Ce n’est là que mon cœur,

    L’esclave de mon trac

    Et de noires terreurs

     

    Que je suis oppressé

    Dans mes effets de draps,

    Quelle peur insensée.

    La mort me la prendra…

     

    ©

     


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