• Locmaria... Assis sur le muret...

     

    Assis sur le muret

    Dont je voyais je crois

    L’empreinte sur le sable

    Ou l’ombre projetée

    Par une lune muette…

     

    Assis sur le muret

    J’ai regardé là-bas

    Ce doigt de roche et d’herbes

    Pointé loin du rivage

    Pour mieux calmer la mer

     

    Assis sur le muret

    J’ai voulu me convaincre

    Que le soleil en fuite

    Ne puisse raviver

    Son coucher incendiaire

     

    Assis sur le muret

    J’ai compté tout au large

    Sur le trait d’horizon

    De bien discrets nuages

    En longue caravane

     

    Assis sur le muret

    J’ai supplié la nuit

    De venir me bercer

    Elle était tiède et douce

    Mais passa son chemin

     

    Assis sur le muret

    J’ai espéré enfin

    Que minuit me salue

    Et que j’oublie alors

    Cette journée funeste…

     ©

     


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  • Le chemin aux vieux chênes...

     

    Le chemin aux vieux chênes

    Qui ne sait pas tousser

    S’embrise au crépuscule

    Barbouillé de poussière

     

    Ses voûtes végétales

    Semblent friser le ciel

    Y déposent un baiser

    Pour quelques gouttes d’eau

     

    La rivière s’en fout

    Qui gardera ses larmes

    Pour espérer séduire

    L’indolent océan

     

    Je me dis que pourtant

    Octobre est en chemin

    Mais l’été cabotin

    S’est enfui sans bagages…

    ©


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  • Tu arrives sans bruit...

     

    Tu arrives sans bruit

    Je t’ai bien vu tu sais

    Les arbres tu essuies

    Doucement presque muet

     

    Oui je te le confesse

    La campagne semble coite

    Mais la lumière baisse

    L’ambiance est soudain moite

     

    Comme tu m’insupportes

    Avec tes airs tranquilles

    Tu es là à ma porte

    Et me voilà fébrile

     

    Le ciel s’est assombri

    Lourd de tant de nuages

    Alors tu as compris

    Je n’aime pas  l’orage…

     

    ©


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  • L'église est seule et nue...

     

    L’église est seule et nue

    Sous son manteau de pierres

    Et sa grille ténue

    Clôt un vieux cimetière

     

    Se projettent entêtés

    De vifs reflets d’émail

    Mosaïques éclatées

    Au pied du grand vitrail

     

    Fragile et guillerette

    C’est l’onde d’une cloche

    Qui oscille distraite

    Mais qu’aucun vent n’accroche

     

    Tintement éphémère

    C’est le cœur du village

    Qui bat face à la mer

    Qu’ombrent de gris nuages…

     

    ©

     

     


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  • Groix... Ô soirées de septembre...

     

    Ô soirées de septembre, ne vous enfuyez pas…

     

    À l’heure où la lune embrassera le ciel,

    je viendrai vous rejoindre.

     

    Je voudrais juste dire au silence,

    combien sa modestie l’honore.

     

    Il se peut cependant,

    que le lent bégaiement du ressac

    lui tienne déjà compagnie…

     

    Lors j’irai caresser, de mon âme étonnée,

    le sommeil parfumé d’une plage discrète.

     

    Je sais que les rochers, comme fauves couchés,

    veilleront, attentifs, au repos de la nuit…

     

    Ce sublime équilibre laissera au matin,

    dans sa noble langueur, le soin de déposer

    longtemps et sans compter ses perles de rosée.

     

    Ô soirées de septembre, pourquoi vous chagriner,

    qu’à cette heure, l’été vous ait là délaissées ?

     ©


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