• Groix... La pointe des chats...

     

    Des voiles en partance,

    Juste sur l’onde, affleurent.

    Pétales d’existence

    Pour d’impossibles fleurs.

     

    Un ciel nappé de suie

    Qui veloute les vagues,

    C’est la nuit qui s’essuie

    Et la mer qui divague.

     

    Là-bas des feux s’allument,

    Disant qu’il se fait tard

    Mais les voiliers assument,

    Puisque brillent les phares.

     

    Voilà bien bel écrin,

    Aux effets de tristesse,

    Tissé d’un noble crin

    Qui offre robustesse.

     

    La brise semble hautaine

    Sur la pointe des chats.

    Les roches en mitaine

    Se couvrent de crachats.

     

    Mais que sera demain ?

    Ils disent que la pluie

    Mouillera les chemins

    Et gâtera les fruits…

     

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  • Groix... Les brumes...

     

    S’évanouissent les brumes

    À l’aube de la nuit,

    Comme un rite posthume

    Impalpable et fortuit…

     

    Mystérieuses et lointaines,

    Nourrissent nos légendes,

    De vils croquemitaines

    Camouflés dans la lande.

     

    Nébuleuses, irréelles,

    Recouvrent l’horizon

    De formes idéelles,

    Hôtes des lunaisons.

     

    Transparentes et fragiles,

    Épousent un doux zéphyr

    Dans une tendre idylle,

    Aux lueurs de saphir.

     

    Silencieuses, éthérées,

    Rejoignent là pressées,

    La barque vénérée

    Des âmes trépassées…

     

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  • Groix... Juste un souffle léger...

     

    Juste un souffle léger

    Pour nous tourner les pages

    D’une mer dégagée

    Câline et sans tapage

     

    Et sans les avoir lues

    Voir onduler les feuilles

    Le flux et le reflux

    Qui doucement s’effeuillent

     

    Admirer le rivage

    Tomber sa robe sombre

    Quand ses teintes sauvages

    Là, se disputent à l’ombre

     

    Mystères des marées

    Qui du bout de l’écume

    Sur l’onde bigarrée

    Se jouent des pâles brumes

     

    Elles nous livrent alors

    Ces paysages étranges

    Aux fabuleux trésors

    Que les seuls flots engrangent

     

    Et puis c’est le retour

    Du lent et bel assaut

    Offrant nouveaux atours

    À Groix, noble vaisseau…

     

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  • Groix... La pluie...

     

    C’est la pluie qui se drape

    De flèches cristallines

    Qui, très tendrement frappent

    L’étendue opaline.

     

    Ô ce bel instrument

    Dont l’infini clavier

    Offre son dénuement

    À la brise conviée.

     

    Et le ciel lui fait scène,

    Capitonné de gris,

    Assombrissant à peine,

    Ma longue flânerie.

     

    Les aigrettes fragiles

    Amignonnent l’estran

    De leur envol habile,

    Tel baiser effleurant.

     

    Les cormorans plus sages

    Hérissent la balise,

    D’un étonnant tissage

    Traçant obscure frise.

     

    Paresseux est le temps,

    Peut-être contrarié.

    Cet étrange printemps

    Semble s’être oublié…

     

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  • Groix... La nuit frappe à la porte...

     

    Le ciel s’est abreuvé

    De l’or des grands ajoncs,

    En tenture avivée

    Aux pinceaux des surgeons.

     

    Bascule arachnéenne,

    Crépuscule embrumé,

    Tu caresses Pen Men

    Dont l’œil s’est allumé.

     

    Étrange vernissage,

    Dans ses plus beaux atours,

    La mer s’est faite sage

    Et se teinte à son tour.

     

    La falaise s’éclaire

    Une dernière fois,

    Fantaisie capillaire

    Des algues, quelquefois.

     

    Les silhouettes noires

    Qu’un doux zéphyr emporte,

    Derniers oiseaux du soir,

    La nuit frappe à la porte…

     

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