• Quand je parle de Groix...

     

    Vêtu comme un dimanche,

    C’est un voile d’été

    Qui, sur son aile blanche,

    M’a soudain emporté.

     

    Il m’a parlé d’un songe,

    D’une île merveilleuse,

    Dont les rives s’allongent

    En plages langoureuses.

     

    Il m’a chanté la brise,

    Quand dansent les nuages,

    Qui dessinent des frises

    Sur l’océan bien sage.

     

    Il m’a conté les fleurs

    Du charmant bout de terre

    Ancré tel un veilleur

    Sous le doux Finistère.

     

    Il m’a soufflé l’émoi

    Qui inonde les cœurs.

    Quand je parle de Groix,

    J’entrevois le bonheur…

     

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  • Groix... Cette exquise marine...

     

    Un soleil sans envie

    Dévoile dans le ciel,

    Évanescent lavis,

    Son éventail de miel.

     

    Venue de ses confins,

    Une brise distraite

    Élabore un parfum

    Aux essences secrètes.

     

    Nonchalante, la mer,

    Ébroue ses blancs jupons,

    Telle vieille grand-mère,

    Aux airs d’un orphéon.

     

    Majestueux et hâbleurs,

    De leur vol impassible

    Des goélands râleurs,

    Écrivent l’indicible.

     

    Cette exquise marine,

    Éden des récurrences,

    Sans cesse nous serine 

    L’énigme où, tout commence…

     

     

     

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  • Groix... Comme souffle de vie...

    Un jour, ces villages, aujourd'hui touristiques, pourraient perdre leur âme...

     

    Glisse déjà le flux

    Sur la plage ravie,

    C’est un sang qui afflue

    Comme souffle de vie.

     

    Sur le sable râpeux,

    Des barques se réveillent

    Et dodelinent un peu,

    Tirées d’un doux sommeil.

     

    Puis les brumes s’effacent,

    Semblent se soulever,

    Quand l’onde bleue se froisse

    Sous la brise levée.

     

    Fi ! De l’imaginaire,

    Ce lieu est bien vivant,

    Juste un jour ordinaire,

    Sans hordes d’estivants.

     

    Toi ! L’île séculaire,

    Tes maisons dorment encore,

    Le village s’éclaire,

    Dis-moi, qu’il n’est pas mort…

     

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  • Groix... Elles sont sans saison...

     

    Le rideau est tombé

    Sur un jour sans relief.

    Le soir a succombé,

    Épuisé, sans grief.

     

    Il est de ces journées

    Qui passent inconnues,

    Pressées de retourner

    À la nuit, bienvenue.

     

    Elles sont sans saison,

    Quoiqu’un peu larmoyantes.

    Froides et sans horizon,

    S’étirent accablantes.

     

    Leurs matins sont brouillés

    Et les heures se suivent,

    Soumises et barbouillées,

    Molles et dépressives.

     

    Et même le tic tac,

    De la vieille pendule,

    Claque monomaniaque,

    Sans ressort, ridicule.

     

    Aux cris des goélands,

    Sur un sable pâlot,

    L’océan somnolent

    Jette ses mortes eaux…

     

     

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  • Groix... Les nuages...

     

    Suspendus, irréels,

    Peut-être un peu folâtres,

    Éthérés, idéels,

    Leurs reflets sont d’albâtre

     

    À la fois forts et frêles,

    Je les vois là, glisser,

    Lourds et intemporels

    Sur l’azur policé.

     

    Ils sont comme vaisseaux

    Qui suivent l’horizon

    Les étranges vassaux

    D’un climat sans raison

     

    Ombrent la feuille blanche

    Où ma plume se perd,

    Sautille et puis s’épanche,

    S’attriste et puis espère.

     

    Mais sous le vent râleur

    Parfois, ne font plus qu’un,

    Laissent le ciel en pleurs

    Et l’océan chagrin…

     

     

     

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